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Le mode très anarchique
de fonctionnement de notre webzine est tel que les disques
sont chroniqués dans le meilleur des cas le mois suivant voir
pire. Prettler in the dark est arrivé hier midi d'Hoboken.
Ce n'est que par un raccourci aussi stupide que réflexe que
l'enveloppe c'est trouvée dévorée de mes mains pour y voir
surgir une pochette verte de laquelle est sortie un disque
qui allait changer ma journée et son ordonnancement logiquement
planifié comme chaque soir. Alina Simone est probablement
ma rencontre de l'année. Nous n'avions pas convenu de ce rendez-vous,
nous ne nous connaissions pas, à peine si la présence de Steve
Revitte aux manettes m'a t'elle éveillé (liars, JSBX). Seule
ou presque à bord Alina Simone tente et survole sur les ailes
d'un oiseau noir, la réunion de cat power et de pj harvey.
On tremble plus qu'à l'ordinaire (love and rockets) on tremble
tant que la possibilité de toucher le bonheur est impossible,
et ici tout semble impossible dans la région d'Hoboken. Sans
être rêche alina Simone écorchera la peau, laissera
entrevoir l'interieur et rigolera sournoisement de notre visage
à la vue des blessures. Grand disque, grande dame, Alina Simone
devrait finir là où la fragilité mène toujours, dans un abîme
plus grand, non loin de la beauté (austère ?) mélancolique
des gens qui connaissent la fin de l'histoire par cœur, mais
qui préfère l'aborder de front que de se voiler la face. Chef
d'œuvre.
Gerald
de oliveira
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