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Des petits riens
de l'existence, nous en goûtons le sel, il lui arrive de se
déposer sur une blessure encore vive, les plaies généreuses
d'un fallacieux quoique superbe parcours embrigadé dans les
recoins d'une pop bancale et déstructurée soumise aux aléas
d'un quotidien en montagnes russes, le vôtre, le nôtre, celui
d'Anotret et son premier EP distribué par le netlabel Sillons,
une nouveauté à suivre intensément. Dans un univers à l'inquiétude
fugace et à la rêverie parabolique (le premier titre Vaciller),
les fantômes de Yann Tambour aka Encre paradent en décalcomanie
sur un monde en clair-obscur évitant le double écueil de l'ennui
et de la prétention. Exception faite de quelques longueurs
(Ces Contrées) finalement bien peu dérangeantes et une reprise
un peu trop sage du Stella Maris des frappés Einstürzende
Neubauten, un grand disque de nu-pop sensiblement torturée
vient de naître (le terrible instrumental obsédant La Ultima
Palabra), souhaitons-lui bonne route, tout le mérite lui en
revient.
Fab
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