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Agée d'à peine
dix ans, Maya Arulpragasam doit fuir son Sri Lanka natal alors
en pleine guerre civile pour se réfugier à Londres avec sa
mère. Malgré le choc des cultures, Maya s'adapte très rapidement,
découvre le hiphop des Public Enemy et autres NWA avant d'intégrer
une fameuse école d'art.. Élève brillante et désomais sous
le pseudonyme M.I.A. (pour Missil In Action) elle signe des
oeuvres étonnantes où s'entrechoquent guerriers, animaux,
arbres, batiments et explosions, le tout peint à la bombe.
En voyage aux États-Unis, la félée Peaches lui fait découvrir
le séquenceur Roland MC-505. C'es le déclic, de retour en
Angleterre elle s'en achéte un et commence à écrire. Fin 2003
sort le single "Galang" suivit quelques mois plus tard d'une
mixtape en duo avec Diplo "Piracy Funds Terrorism Vol.1".
Il n'en faut pas plus pour faire d'elle l'un des gros espoirs
de 2005. M.I.A. fait de la musique comme elle peint, faisant
des mélanges surprenants. Prenez une bonne dose de hiphop,
quelques cuillérées de dancehall, une pincée de bailefunk,
le tout soupoudré de percussions tribales, mélangez le tout
et ajoutez y du rap, du chant et des ...cris.. Vous obtenez
le style (unique) de M.I.A. Arular est donc excellent disque
pour danser, impossible de rester assis à l'écoute de "Bucky
Done Gone", "Bingo" ou du single "Sunshowers" (ne ratez pas
le clip!). Mais entre deux pas de danses, prenez le temps
d'essayer de comprendre les textes (en tamoul ou anglais argotique)
car la belle est bien loin des textes d'amour sirupeux de
ses consoeurs. Elle traite de sujets graves tels la guerre
ou le terrorisme "Fire Fire", la prostitution infantile ("Galang")
et critique ouvertement le président Bush (sur le dernier
morceau M.I.A.). Arular est délicieux comme un grand pot de
nutella, c'est de la musique pour penser...et se dépenser,
un peu comme si l'on pouvait aller voter dans sa discothéque
préférée! Enfin ne passez pas à côté de l'original de ce disque,
tout l'artbook ayant été réalisée par la demoiselle. ADA !
Pascal
Saraiva
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