| |
" Projet musical
aux réminiscences littéraires, exotiques et historiques, BALBEC
peut se lire comme l'introspection itinérante de ses cinq
membres fantasques.Leur musique invite à une rêverie multiforme,
nourrie de Portishead, Stereolab, Wedding Present, Mogwaï,
et autres influences séminales ". Voila ce que dévoile une
courte description issue du site du label Drunk Dog, de même
que l'alléchant descriptif qui m'a été fourni en même temps
que ce formidable album. Sur ce sept titres, les parisiens
subliment leurs influences (pour faire court tout en complétant
les éléments précités, de Sonic Youth à The Wedding Present
en passant par Sebadoh, Godspeed you ! black emperor ou Nick
Drake) et bâtissent des compos fascinantes, puisant leurs
sources dans ces influences qui en fait n'en sont pas. En
effet, si l'on peut reconnaître ça et là le côté noisy de
Sonic Youth, les sonorités de gratte des Weddoes (le splendide
et bien nommé " Addict ") ou les " plâneries " propres à Portishead,
le résultat final n'est dû qu'au talent -énorme- de Balbec
et à un don pour l'écriture et la composition qu'on pourrait
croire inné tant ce disque transpire le génie. La voix féminine
vous transporte dès " Now ", superbe pièce introductive de
huit minutes et éclatante démonstration de la capacité des
six complices à édifier des bâtisses sonores à partir d'éléments
divers et pas forcément aisément " imbriquables " au départ.
Ce morceau, de par la voix et l'ambiance qu'il instaure, me
rappelle les excellents havrais de Dickybird, qui auraient
injecté une bonne dose de trip-hop à leur compos et, plutôt
que de laisser les guitares exploser, les auraient contenues
pour obtenir un morceau tout en retenue, absolument magnifique.
Ambiance à nouveau trip-hop sur " Insomnia " à l'écoute duquel
il ne serait nullement que l'on en fasse, des insomnies, tellement
ce morceau, à l'image du précédent, s'incruste dans notre
esprit et s'avère marquant, ne serait-ce que par la grâce
qui se dégage du chant et ces six-cordes aussi belles que
discrètes, et cette rythmique louvoyante. On en est alors
au second morceau, et déjà sur les genoux. Et en découvrant
la suite, on est à nouveau subjugué par la splendeur et la
force musicale et émotionnelle des compos, de l'atmosphère
à la Portishead de "To love lost " à " Last of " et son trip-hop
zébré de grattes épatantes dans leur approche simultanément
aérienne et noisy, en passant par " Black flag " et son envolée
vocale, rythmique et guitaristique irrésistible. Sans oublier
le poppy " Addict " et le charme de ses voix appuyé par les
sonorités s'échappant des instruments de Martin et Laurent.
Un morceau qui ferait verdir David Gedge et ses acolytes.
Et aussi le délicat " Spring ", guitares évoquant Mazzy Star
(il y a d'ailleurs quelque part du Roback dans la propension
de Balbec à composer et à instaurer ces ambiances si prenantes
sur chaque titre) et chant magique sur fond sonore minimaliste
et ombrageux, superbe. Voila, j'ai volontairement distingué
toutes les chansons de ce disque pour bien montrer que chacune
d'entre compos possède sa propre identité et transporte l'auditeur,
celui-ci se laissant balader avec un plaisir intense et non-dissimulé.
" Serez-vous du voyage ? ", ai-je lu sur le descriptif joint
au cd de " From mud to gold ". J'en serai, et j'espère que
ce voyage durera longtemps et nous donnera d'autres pépites
à l'image de ces sept morceaux et de ce groupe " à découvrir
absolument ". Magique .
Will
|
|