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D. Colette a perdu
les clefs de chez lui. Les portes grandes ouvertes, les fenêtres
tout justes claquées, il attend. Plutôt que de s'armer pour
prévenir à toute attaque, il a écrit des chansons, posé des
instruments à l'entrée, proposant à ceux qui voudraient de
jouer avec lui. Sortis sous le nom de Bela, ces deux EP donnent
au mot hétéroclite tout son sens. Composés pour jouer en première
partie Hood, les morceaux de Bela trouvent toutes leurs originalités
en mélangeant des atmosphères différentes. Entre Low et Gastr
Del Sol, Bela intrigue, met nos sens dans tous leur états
(watherver i can) sans prodiguer de solution de sortie comme
Lynch peut le faire au cinéma. A waltz ou i'm just kidding
brutus, focus on targuer aux structures plus faciles permettent
de ne pas perdre pieds de suite, mais le basculement de Mulholland
Drive n'est pas loin. Même les fantômes (celui de Buckley
sur le crispant comes night time) rodent. Comme souvent, Bela
est un accident heureux, la combinaison d'univers différents
(les membres viennent de Melk, Rien et domotic) qui, le temps
de ces dix titres échafaudent dix scènes différentes d'une
œuvre intrigante et poétique. Entrez c'est ouvert. Magique.
Gerald
de oliveira
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