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Aujourd'hui nous
sommes fin novembre, il pleut il y a du vent, l'automne se
fait grignoter par l'hiver un peu plus chaque jour et la sortie
de ce disque n'est prévue que dans plus d'un mois, nous aurons
même changé d'année. Alors pourquoi en parler dés maintenant
pourquoi ne pas suivre la feuille de presse et faire reculer
un retard qui me condamnera un jour à baisser les bras. Pour
être le premier à en parler ? Pour éviter de recopier ce qui
se dira ailleurs ? Non, avant tout et surtout pour donner
un sens un ce site celui de vous faire profiter de nos chocs,
de nos emballements. Belone Quartet qui est en fait un duo
épaulé par une partie de Mansfield tya nous vient de Nantes
la belle, Nantes la souhaitait, comme une ville trop bien
pour être vraie, trop bien pour s'y construire des affres
des fractures des faiblesses. Pourtant, la phrase qui va suivre
n'est pas la parole en l'air d'un chroniqueur fatigué, le
climax d'un papier qui se veut en avance surtout. Les mots
sont rangés, alignés comme ils se doivent, Belone Quartet
est un choc comparable à celui des écoutes de Joy Division
pendant ma prime adolescence, période pendant laquelle bon
nombre d'entre-vous ne connaissait pas encore l'existence
de la mort. Dés ce titre " les prémices de la béatitude naissent
de l'amertume " le désir d'en savoir plus et le courage d'affronter
l'obscurité prenaient le contrôle. Il ne pouvait plus exister
que cela, rien d'autre, il fallait combler ce vide entre moi
et ce qui me ressemblait le plus, cette moitié musicale qui
tranchait avec tout ce que je pouvais entendre avec une rare
violence. Si l'on me parle de cure ou de black heart procession
je rigole puis je me prosterne, je me couche, je m'hydrate
de ce son, je me purge d'années de souffrance pour enfin me
trouver un cri, une raison de croire en la gémellité comme
possibilité au pourcentage élevé. Il fallait prendre la fuite,
quitter les autres, partir avec, puis revenir en parler, le
crier haut et fort qu'un disque pouvait changer encore nos
vies sans que cela finisse comme une ânerie dans n'importe
quelle dégoulinerie scabreuse d'un écrivain cinéaste puant
de certitude crapuleuse. Disque jouant sur la fragilité avec
les armes d'un géant, il nous offre le confort de retrouver
des certitudes, celles qui baliseront un jugement futur qui
finalement est loin de nos aspirations premières. Le grand
disque de cette année sortira l'an prochain, comme pour marquer
une forme d'éternité qui existera derrière ces mots. Un duo
construit à l'émotion un miroir dans lequel nous aurons la
possibilité de nous sentir moins seuls, deux garçons que la
postérité n'aura jamais le pouvoir de remercier car l'éternité
n'a pas de borne. Inutile de finir par autre chose.
Gerald
de oliveira
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