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Kowalski à benicassim 2004 (part 2)  
 


Samedi 7 / absences : La journée de samedi commence par une déception de taille : celle de l'annulation du concert de Morrissey, en raison d'une sombre histoire de problèmes techniques aériens et d'un avion qui, à 19h30, a fini par rester à Londres. La déception est d'autant plus grande que Morrissey est l'un des rares artistes que les organisateurs du festival n'avaient encore jamais réussi à avoir (et les fans du Moz étaient légion à Bénicassim, certains étant même reconnaissables grâce aux glaïeuls placés dans les poches de leur pantalon), et cette année, avec la sortie de son nouvel album " You are the Quarry ", était l'occasion rêvée de voir l'ancien Smith dans un cadre actualisé. Mais c'est par la grâce d'un groupe merveilleux et lui aussi relativement ignoré en France que la soirée commença en fanfare. Ce groupe, Teenage Fanclub , semble ni plus ni moins avoir été formé pour donner de la joie aux gens par tranches de trois minutes trente, c'est-à-dire dans des pop-songs carillonnantes et gracieuses qui sont autant de bulles d'espoir et de génie. Jouant le sourire aux lèvres tous ses tubes devant un public littéralement extatique qui réservait au groupe des acclamations de plus en plus fortes entre les morceaux, le groupe écossais, emmené par Norman Blake (arborant un étonnant T-Shirt Métal Urbain), Gerlald Love et Robert McQuinley connut même deux moments tout à fait mémorables, le temps des deux perles de l'album " Grand Prix " que sont " Don't Look Back " et surtout " Sparky's Dream ", au cours desquels le public semblait monté sur ressorts, trop heureux de revoir ces enchanteurs restés aphones depuis trop longtemps. La soirée de samedi continua ensuite avec Migala,

ultra-populaire auprès du public indé espagnol (et plus légitimement que les horribles Los Planetas). Le groupe partagea son set entre les morceaux de ses derniers albums, dont les récents "Restos de Un Incendio " et " La Incréible Aventura ", installant à l'occasion des ambiances de jungle (propres au dernier album), ou de western désenchanté à la fois sonores et visuelles (mention spéciale aux magnifiques projections que proposait le groupe). La musique offerte par le groupe, sorte de post-rock mâtiné de folk, ne brille pas par son originalité, au croisement du Cure de " Disintegration ", de Mogwai et des Tindersticks, mais possède un son suffisamment personnel et reconnaissable, pour pouvoir être sauvé de l'indifférence, ce son chaud et rougeoyant, donnant de Migala l'impression d'une musique inflammable, qui peut prendre feu par la simple chaleur qu'elle dégage. Puis vint 22h et l'heure des choix : dois-je me diriger vers la scène principale et voir (mais dans quel état et dans quelles dispositions ?) la légende Lou Reed, ou dois-je rester là où je suis et rester pour Yann Tiersen que ses liens avec Dominique A. me rendent fort sympathique, et malgré l'indigestion à la BO d'Amélie Poulain dont a été victime le public français ? Je choisis le deuxième choix et bien m'en a pris. Epaulé par Christian Quermalet (de The Married Monk) et par le…surprenant Marc " j'ai écouté l'intégrale de Sonic Youth et de Neu ! à quatre heures " Sens, Yann Tiersen mérite le respect dû à un concert audacieux, courageux, nerveux, intense, éclectique et étonnamment électrique. Le Breton prit à des multiples reprises la guitare électrique en compagnie de ses musiciens pour des versions krautorck voire punk de certaines de ses compositions. Autre surprise, la part belle qui fut laissée aux chansons, Tiersen se chargeant d'assurer les parties vocales, et se lançant à ce propos dans un numéro de mimétisme avec Dominique A., à la fois ahurissant et un peu gênant tout de même ( " Les Bras de Mer ", " Monochrome ", et " Les Jours Tristes " où Quermalet se chargeait quant à lui d'imiter Neil Hannon). Tiersen fit aussi évidemment montre de son talent pour l'exercice instrumental, impressionnant vraiment le public par ses morceaux frénétiques au violon solo, au piano virtuose, ou à l'accordéon (" Le Quartier ", " Sur le fil "). Malheureusement pour Yann Tiersen, des problèmes de son, encore une fois très irritants, raccourcirent le set ; ce problème étant le seul vrai gros point noir de ce festival. Pris de remords, je me dépêche pour voir la fin du concert de Lou Reed, accompagné par un groupe bluesy-rock bedonnant et regrettable quand on connaît le goût pour l'inconfort qu'a déployé durant toute son existence le Velvet Underground. Affable pourtant, Lou Reed, sans être mauvais, semble être en pilotage automatique, massacrant au passage " Perfect Day " ,et faisant plaisir au public en lui offrant pour finir un " Take a Walk on The Wild Side " à la limite de la varièt'. A sauver cependant (mais je ne l'ai pas vu), d'après certains, une magnifique version minimaliste de " Venus In Furs " où Reed chante seul avec un violoncelle entêtant. Au même moment, les quatre Anglaises d'Electrelane entament un set tendu sur une des trois scènes annexes, au cours duquel elles laissent une large place aux morceaux de leur dernier album produit par Albini, " The Power Out ". Jouant un rock à angles droits, comme la rencontre de Joy Division et de Neu ! sur laquelle chanterait une PJ Harvey hautaine, Electrelane réussit à faire passer sa musique difficile dans un tel cadre, qui ne lui était pourtant pas vraiment propice. A 1h30, c'est à tour des gentils petits écoliers de Belle & Sebastian de s'emparer de la scène verte, la principale, et livrant à cette occasion un spectacle d'un niveau autrement supérieur à leur apparition en 2002. Fort de leur meilleur album à ce jour " Dear Catastrophe Waitress ", les Ecossais montent sur scène, plein d'entrain et, surtout, accompagnés d'une section de cordes et de cuivres. Il en ressort une sincère fraîcheur et une impression globale de maîtrise et de fluidité qui épargne à leur pop pastelle la gênante odeur de gnangnan que leurs détracteurs ne se privent pas, habituellement, de relever. Stuart Murdoch sautille partout, prenant soin de répandre son humeur badine pendant une heure et demie, allant même jusqu'à provoquer l'un des meilleurs moments de ce festival : certainement aussi déçus que la foule par l'absence de Morrissey, Murdoch entame une gentille taquinerie à l'égard de " Sa Majesté qui n'a pas pu se libérer ", et amène à ce propos à un très gros bouquet de pâquerettes sur scène. Puis, le groupe entame la reprise, somptueuse, de " The Boy With The Thorn On His Side " des Smiths, qu'ils enchaînent malicieusement à leur " Boy With The Arab Strap ". Il est 3h, le public a encore des pâquerettes dans les yeux quand déboule, droit dans ses Gucci, Bobby Gillespie et sa machine de guerre : Primal Scream. A l'instar de Belle & Sebastian (enfin, si l'on peut dire) , le groupe à Bobby arrive à Bénicassim avec une forme bien meilleure qu'en 2002. Gillespie semble en effet avoir changé de drogues depuis, et est littéralement déchaîné, court de long en large, finit ses chansons à se tortiller par-terre dans la position du fœtus, et prend les poses les plus rock'n'rollesques possibles. Le groupe, ou plutôt le super groupe, qu'est Primal Scream (Mani et Reni ex-Stone Roses, Kevin Shields ex-My Bloody Valentine, et Duffy ex-Felt) fait des ravages collatéraux à faire tomber en sanglots Colin Powell. Primal Scream joue tout sur sa puissance dévastatrice, et on lui en est gré .La set-list ressemble à la réunion des points qui, à la fin, formerait un tank, les Ecossais ne jouant que leurs compositions les plus guerrières : Accelerator, City, Xtrmntr, l'indépassable Shoot Speed/Kill Light, l'énormissime Swastika Eyes, le démentiel Kowalski auquel votre serviteur doit son pseudonyme, l'éléphantesque Kill All Hippies. A noter également, une nouvelle composition, " Suicide Sam ( ?) & Johnny Guitar ", ainsi qu'une reprise à la dérobée, mais néanmoins hilarante du " Rebel Rebel " de Bowie. Dodo.l.

suite...

Kowalski

 

 

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