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Temps
suspend ton vol, Bexar Bexar t'a rattrapé et t'a figé, donnant
à la seconde un format plus ambitieux en rapport à l'univers.
Toi qui nous jouera un tour pendable un jour ou l'autre en
t'arrêtant, tu trouves en Bexar Bexar un alchimiste aussi
doué que pouvait l'être Labradford. Face aux dix morceaux
de tropism tu parais comme surpris par l'envole des notes
d'une guitare acoustique. Derrière celle-ci les bruits se
distendent aussi, laissant place à l'émotion pure, sans pathos
sans un mot, sans une phrase. Toi qui comme un cartésien fou
tu avais fini par t'imposer sans véritablement te montrer,
tu es face à ton contraire, la poésie. Avec des notes qui
se laissent chalouper sur un lit de sonorité qui savent, tout
en étant pas faciles, se rendre agréables, Bexar Bexar commet
avec tropism l'album rêvé pour ne pas voir en la fin de 2001
de Kubrick l'œuvre insensée d'un fou. Tropism est un acte
poétique, qui donne au temps le temps de se prolonger. Temps
suspend ton vol. Emouvant.
Gerald
de oliveira
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