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Samedi 23 avril
Dernière journée
à Bourges pour votre serviteur et çà commence par l'interview
des Gomm, au complet et en grande
forme qui nous racontent leurs débuts, leurs parcours et objectifs.
Au programme : humilité, réalisme et déjà une bonne dose d'expérience
pour nos rockeurs indé français les plus valeureux et authentiques
du moment… Je me dirige ensuite vers la Maison de la Culture
pour une nouvelle série de découvertes, dont je suis particulièrement
friand. Aujourd'hui, trois personnalités bien singulières
et attachantes : Valhère, Anaïs et Usmar.
Cupidon me suit à la trace et je tombe amoureux une nouvelle
fois. Aujourd'hui, point de provoc', mais un charme fou chez
Valhère. La formule épurée est celle du duo guitare
acoustique /voix + violoncelle. Le registre est celui de la
chanson inspirée un peu surréaliste. Attention artiste lettrée
avec un amoncellement de métaphores et autres allégories qui
servent des musiques simples mais subtiles et un brin de voix
qui vous donne la chair de poule instantanément. La poésie
douce amère de la miss me fait craquer et je tente, en pensant
à vous chers lecteurs adorés, une interview à la sauvette
de mon coup de coeur…. Peu après le concert qui remporte un
franc succès de la part d'un public conquis, moi et la miss
papillon - référence à sa jolie robe faite main - nous isolons
dans un recoin tranquille (çà s'annonce bien, le manager est
occupé !). La jolie blonde se raconte avec pudeur dans une
jolie entrevue, bientôt dans vos colonnes favorites. Aaah,
qu'on est bien ensemble….et c'est à regret que je dois m'éclipser.
Des larmes, toujours des larmes, mais c'est à présent le concert
d'Anaïs, qui démarre et c'est seule qu'elle affronte
un public nombreux dans la grand salle de la Hune. On pense
immédiatement à Linda Lemay, euh, mais en bien ….. et en (vraiment)
drôle…Elle utilise une pédale de sampling en direct sur sa
voix et sa guitare acoustique pour créer ses propres motifs.
Plus qu'un instrument , c'est un univers virtuel qu'elle crée
grâce au stratagème ingénieux, utilisé de manière ultra pertinente.
On rit aux éclats lorsqu'elle mélange habilement fragilité
et burlesque en nous parlant du rapport de la mère à l'enfant
et on rigole à nouveau lorsqu'elle se livre à un a capella
d'enfer, critique acerbe du monde du r'n'b NRJ, que le public
apprécie énormément. C'est drôle, vraiment… et tendre à la
fois. Décapant et charmant. L'ambiance se fait plus intimiste
avec Usman, en formation duo guitare/voix + machines.
Un songwriting electro un peu timide et une ambiance très
sombre qui glace un peu. Des histoires de déménagement et
d'existentialisme. Les textes réalistes, mais imagés, sont
chantés sur un ton monocorde et les guitares jazzy agrémentent
les programmations, une fois n'est pas coutume (ou si, justement)
très Björk ou Archive. Il manque un grain d'originalité à
la mise en scène pour emporter le public qui, respectueux
de la prestation honnête, offre un bon accueil au jeune homme
du Nord…
Il est temps de
me diriger vers le Palais d'Auron pour assister à l'affiche
du jour : Gomm, Bloc
Party et Interpol.

Les sympathiques
et non moins radicaux Gomm ont
pour objectif de chauffer la salle pour les rockeurs British
en tête d'affiche. De nombreux fans au premier rang arborent
la panoplie : chemise noire et cravate bordeaux. C'est dans
ces costumes bien classes que les quatre rockeurs (trois gars
/une fille et de nombreuses possibilités) font remuer les
p'tits culs (désolé) et taper du pied en rythme. J'apprécie
particulièrement un titre comme " into perfection " qui me
rappelle les meilleurs morceaux de " Goo " (Sonic Youth) ;
à d'autres moments on se situe plus du côté d'un rock répétitif
à la Can gonflé au Fugazi ou Blonde Redhead de l'album rouge.
Noisy pop à souhait, c'est frais, c'est parfait. Il est déjà
temps de retrouver les Bloc Party,
de la hype en veux-tu en voilà, tout le monde scrute du regard
l'arrivée du Robert Smith black et de ses compères.

Bon… alors ? Sur
scène, çà donne quoi ? C'est bien curieux que je découvre
le set des esthètes de la pop indé…Mais je suis déçu. Et je
savais que j'allais être déçu. J'avais en effet comme tout
le monde bien accroché à la collection de singles qui avaient
précédée l'album cet hiver. Et puis ce " Silent alarm " s'était
avéré prémonitoire : un alarme silencieuse, comme pour beaucoup
de bruit pour rien. On aurait pu rebaptisé cet album " Much
ado about nothing ", au diapason de leur prestation scénique,
tout à fait correcte, mais tellement classique, au mieux on
verse dans la Placebo du début, un peu angulaire et sexy ;
au pire c'est du mauvais Blur indigeste et brouillon. Le public,
prêt à avaler n'importe quoi pourvu que çà figure dans la
playlist de Magic ! juste avant Kylie M. (oui c'est ma sœur…),
s'extasie devant les galipettes des 4 rosbeefs. A peine deux
titres de leurs singles sont joués ce soir et le côté fâde
et superficiel du reste du set me pousse à me demander s'il
n'avaient pas en fait fait appel au nègre de Sullitzer pour
leur écrire les énormes " Banquet " ou " Tulips "… A confirmer
donc sur la longueur, mais je reste perplexe. Bon. Pour
Interpol, je n'attendais pas
grand chose et j'ai obtenu… pas grand chose ! En effet, je
m'ennuie fermement devant ces Cure de pacotille. Tous le morceaux
sont joués sur le même tempo, avec une voix monotone, voire
atonale, (voire fausse) et les comparaisons font parfois bien
mal. Il est clair que les morceaux sont bien en place et que
, sur le forme, l'ensemble reste bien exécuté mais, si le
second guitariste s'évertue à tenter de rehausser la pression,
c'est en vain. Il est clair que le battage médiatique n'achète
pas une aura et que ce " spectacle ", qui sonne curieusement
différemment de l'album, me semble " fâde ", voire daté. N'est
pas Joy Division qui veut et les Interpol
me transportent…..
… directement
vers la sortie de la salle aux deux-tiers de leur set. Au
même moment, la sublimissime Keren
Ann joue à la Hune. Alors, que fais-je entre deux
stands de merguez-frites ? Je vous le donne en mille. Le spectacle
est archi complet. " Les cartes vertes ne rentrent pas ".
C'est donc en traînant ma poisse lamentable que je m'en vais
tester l'ambiance du gigantesque Phenix. Ce soir, c'est cadeau.
TTC (miam), LCD Soundsystem
(yeah), Mass Hysteria (ooch) et Asian
Dub Foundation (aïe) font vibrer l'énorme chapiteau.
On me rapporte que les filles en folie n'ont vu que du feu
aux lyrics misogynes des " batards sensibles " et que ces
derniers ont invité une trentaine de " Kevina " à bouger leur
body sur la scène. Il paraît que çà valait le détour. Il se
dit également que le LCD soundsystem
a offert une belle prestation groovy à souhait et que les
Mass Hysteria ont tout dégommé sur leur passage ; moi j'ai
eu le droit à dix minutes d'éclatement de tympans grâce aux
bourratifs Asian Dub Foundation,
très en verve devant la masse de teenagers en baggy/casquette.
Très peu pour moi car j'ai mieux dans ma besace. En effet,
en remontant vers la scène gratuite " Région Centre ", on
trouve les excellents français de Poney
Club .

Voilà un très bon
groupe français, très singulier et talentueux, à mettre en
avant et à découvrir absolument. Récemment signé chez Noise
Digger, ces dignes héritiers de Tortoise, Berg Sans Nipple
ou Rachel's livrent un set émouvant, ponctué par de sublimes
projections abstraites sur grand écran et par les danses tribales
et sensibles d'une jeune danseuse possédée, habitée. Le batteur
est tout particulièrement talentueux et me rappelle John Mc
Entire, dans son approche très Chicago, du groove répétitif
et subtil tandis que le guitariste, précis, distille des arpèges
complexes lorgnant parfois vers du Derek Bailey ou Gastr Del
Sol. Et c'est Français, monsieur !
Il ne me reste
plus qu'à regagner une dernière fois le 22 pour une soirée
prometteuse.
Le Sayag Jazz
Machine ouvre le bal. Je suis tout ouï, je ne connais
pas et c'est tout simplement extraordinaire.

Peu adepte des
mélanges et autres " fusions ", je découvre néanmoins ici
des musiciens chevronnés, non loin de l'esprit de nos Bumcello
dans l'approche respectueuse et originale des sonorités, qui
déroulent un live qui synchronise visuel (projections/V.J)
et sons à la perfection. Un tourbillon hyper stimulant de
jazz, de bossa, de hip hop, jungle et autres drum'n'bass avec
un contrebassiste absolument phénoménal, utilisant toutes
les possibilités de son instrument via des effets qui vont
jusqu'à des saturations supersoniques du meilleur effet. Enorme
succès. Parfait.

Boom Bip
enchaîne et petite déception. J'apprécie beaucoup sur disque,
mais en live, la magie opère plus difficilement Il faut dire
que tout est joué live ce soir et que l'exercice est périlleux.
Sorte de hip hop subliminal, un peu post-rock dans l'esprit,
l'artiste de collectif Clouddead, se donne une contenance
expérimentale, mais arrive difficilement à me faire décoller.
Là aussi, il eut été intéressant de placer Boom Bip
avant les étonnants Sayag Jazz Machine car tout est
relatif. Le set est de qualité, mais l'énergie insufflée au
public par ces derniers retombe un peu. Les visuels projetés
sont cependant de toute beauté et on retrouve l'esthétique
liquide des pochettes de chez LEX et les musiciens assurent.
C'est Prefuse 73 dont je ne suis pas très fan qui clôture
la soirée pour moi. Autant j'arrive à trouver le salut sur
disque avec quelques morceaux proches du " Endtroducing "
de DJ Shadow, autant ce soir Scott Herren et son équipe offrent
une performance très " décousue " et indigeste. Même les amateurs
semblent un peu déçus. Un manque de simplicité et aucune communication
avec le public ; caché derrière ses 12 platines et autres
machines (sont-elles branchées ?), Prefuse semble se débattre
pour faire sonner sa petite cuisine electronica difficile
à avaler.
Mais qu'importe,
j'aurai vécu un super festival ; pléthore de concerts, des
rencontres étonnantes avec des artistes de qualité, dans un
cadre agréable. A souligner l'organisation sans faille du
festival, chaque concert à l'heure, aucune déprogrammation.
Mes coups de cœur
? Valhère, Gomm, les
Domestics, Busdriver, Vive la Fête, Herman
Düne, Diane Cluck et the
Go team !
Le valeureux Kangoo
me ramène sain et sauf à la maison, la tête pleine de souvenirs,
de bons moments. Merci à l'organisation du Printemps et, surtout
aux artistes et à leur générosité… A l'année prochaine ! .
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Michel
M.
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