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Comme une alternative
plus ou moins consciente à la dématérialisation de la musique,
Philippe Boisier, désormais identifié comme Icalma, offre
à son dernier effort un écrin à la hauteur des morceaux qu'il
propose à l'écoute : un livret cartonné somptueux à l'artwork
soigné comportant dix représentations figurées illustrant
chacun des dix titres. Ce qui pourrait se présenter comme
un cache-misère malin et esthétiquement plaisant s'apparente
en fait à une politesse attendue, rendue à des morceaux d'une
classe identique. Si l'on ne prenait peur de devenir pédant
on écrirait qu'Icalma propose pas moins que la mise en espace
de ses compositions électro-pop (parfois) instrumentales.
A lire sous ma plume maladroite cela sonne comme une installation
sonore chiante au Palais de Tokyo pour gros cons à mèches
et vestes de velours (no offence, je porte moi-même la mèche
et parfois des vestes de velours que ma mère me choisit avant
de partir travailler). Il ne s'agit certainement pas de cela
mais bien d'un disque pop racé aux ambiances électro délicates.
Un excellent disque pop au demeurant. Les titres " Rose "
et sa base rythmique hypnotique qui invite à la danse un motif
de guitare sec, " Qui s'embrassent dans les blés " joli carambolage
logique entre Lali Puna pour la retenue et Notwist pour la
finesse d'écriture ou encore " Plan du Poème ", imposent à
eux seuls le prêt d'une oreille attentive. Et l'achat d'un
casque ; l'auteur invite en effet l'auditeur à préférer ce
mode d'écoute qui rendra justice de façon plus fine aux trouvailles
sonores du disque et au jeu sur la stéréophonie afférent.
Il permettra enfin de rêver un instant que la délicieuse Armelle
Pioline -d'Holden- s'est invitée dans l'intimité de notre
pavillon. Son chant gracieux en anglais mais aux accents délicieusement
français achèvera de nous convaincre de l'absolue beauté de
ce disque. Bun O Und : à découvrir ? Absolument !
Benjamin
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