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Pouvoir passer
outre, changer la liste ou même rayer le début comme on pouvait
le faire sur les vinyls qui nous permettaient de nous balader
au sain de ses sillons. Les trois minutes vingt deux de The
Greatest sont les trois minutes les plus répétées, les plus
vampirisantes de mon temps, faisant de l'ombre à tout. Trois
notes de piano, la voix de la mélancolie éraillée et proche
de la volupté. Greatest et ses choeurs du fond de salle, Greatest
et ses trois ou quatre notes de piano qui font que l'instant
tout en se répétant n'est jamais vraiment le même, comme une
couleur ne l'est jamais sous le soleil. Accompagné de musiciens
" historiques " Cat Power fait preuve d'une sobriété dans
les inclinaisons (toujours une histoire de soleil) ne tombant
jamais dans un pathos parfois lourd. Il est alors incroyable
qu'un fan du What would the community think et de son morceau
le plus terrible the coat is always, s'amourache de cette
musique, et pourtant. Il y a dans l'album Greatest la possibilité
de prendre Chan dans ses bras, sauf qu'ici au lieu de vous
repousser en pure sauvageonne qu'elle était, elle se blottira
contre vous. Chan Marshall apprend à séduire (lived in bar),
prend la sagesse non pas comme la dernière des épidémies mortelles,
mais plutôt comme une fatalité incitant à un repos des souffrances
de la vie. The Greatest va prendre son temps, et s'attabler
à la table des plus grands pendant que d'autres pourront toujours
se lamenter de ne pas avoir passé les plats. Chef d'œuvre.
Gerald
de oliveira
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