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Boisson anarchique
que le statut d'étudiant nous imposait, le cercueil est aussi,
pour beaucoup d'entre nous l'ultime demeure avant le grand
festin des insectes. Cercueil c'est aussi un duo qui serait
une version électro de nos chéris les Kills, le sexe en moins
entre les mains mais l'étrangeté en plus. Si les plus anciens
pourront vous parler de Kas Product, les nouveaux adeptes
de la musique pas comme les autres pourront vous suggérer
la rencontre entre Miss Polly Jean Harvey victime consentante
d'une tournante chez DJ Shadow ou l'équipe de Warp. Disque
de pillage ou de collage, Cercueil déconcerte à la première
écoute, et l'expression avoir vu des renards n'est alors pas
une simple pirouette pour parler de la pochette. Disque possédé,
ne s'arrangeant avec aucune coutume, se cercueil reste grand
ouvert donnant à la putréfaction des allures de stade princier
dans les égouts d'un royaume vicieux. EP collant aux oreilles
comme un caramel mou peut se coller à une dent, il diffusera
à l'image de la sucrerie son parfum avec une lenteur paradisiaque.
Sombre et rigoureusement anti-oecuménique, cercueil est une
anomalie dans notre paysage un disque aussi inquiétant qu'un
orage pervers, celui sous un ciel sans nuage. A découvrir
absolument et d'urgence. On en reparlera.
Gerald
de oliveira
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