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En ces temps de
pré-campagne, en voilà quatre qui rompent la chronologie électorale
et tiennent avec Perfumed Lands (Melodic/La
Baleine), leur premier long format, les promesses formulées
en janvier avec l'impeccable Ep Eve Of
The Battle. Sans attendre le verdict des urnes, The
Isles disent ce qu'ils font -une indie pop addictive
à l'écriture soignée et fixée sur un cahier à spirales eighties
sans doute chiné à Manchester à la faveur d'un voyage scolaire-
et font ce qu'ils disent -une indie pop addictive ect... Quelques
fâcheux suspecteront que le cahier aient pu appartenir un
temps à un certain Stephen Patrick M.. Qu'ils continuent de
renifler du papier jauni dans les brocantes, les convaincus
de l'heure Eve Of The Battle/Flying Under Cheap Kites continueront
à s'enthousiasmer sur le dodelinant " We Give a Receipt, We
Take a Receipt " ou l'entêtant " Summer Loonz ". A voté !
Cyann & Ben,
quant à eux, ne se posent pas comme objectif la pratique du
pouvoir mais brainstorment sec sur les fondements de leur
programme. Ces réflexions aboutissent à Sweet Beliefs plaisant
troisième album (et le premier sur Ever
Records) d'ambient pop réformiste dont les lignes
fondatrices (le titre " Sunny Morning ", soient plus de sept
minutes de circonvolutions rythmiques et lignes de claviers
concentriques saisissantes de beauté) avaient été tracées
par le Sunny Morning Ep paru mi-août. L'exposé de leur projet
se clôt avec un " Sparks of Love " qui durcit la ligne de
leur parti(es) (de guitares) et permet à la formation parisienne
d'enregistrer une nouvelle adhésion. En vue de grands rendez-vous
citoyens, peut-être s'entendraient-ils sur l'élaboration d'une
liste commune avec les fêlés de Blood
On The Wall qui luttent pour le " pouvoir des travailleurs
"...du son. Quatorze morceaux, un peu plus d'une demi-heure,
le frère et la soeur Shanks jouent sur scène comme dans leur
local de répétitions et enregistrent sans doute avec le même
esprit. Awesomer (FatCat/
PIAS) braille les mots d'ordre à l'efficacité avérée de leurs
précédentes campagnes (tels que rédigés par les Pixies ou
Jesus and Mary Chain) et s'ouvrent aussi à un électorat potentiellement
neuf (les anciens de la ligne Yeah Yeah Yeahs). De leur discours
virulent et parfois un peu éprouvant, on retiendra la saillie
" You Are A Mess " ou l'assaut sur le dancefloor ordonné par
" Right To Lite Tonight ". Un party rock gouleyant quoiqu'un
peu râpeux. Un rien râpeuse aussi la voix sublime de conviction
du jeune songwriter de vingt-quatre ans Micah P. Hinson. Orphelin
de chapelles de pensées, l'Américain fonde son propre parti.
Celui de l'émotion de détour de refrain et de l'arrangement
élégant. Micah P.
Hinson and the Opera Circuit (Sketchbook
Records/La Baleine) livre son lot de ballades intimistes
crève-coeur (" Drift Off To Sleep ") et de déclarations d'intention
au bonheur (" Diggin A Grave " malgré son titre, " Letter
From Huntsville). L'enregistrement de ce deuxième long format
d'americana cathartique semble avoir achevé de libérer son
auteur de son addiction aux anti-dépresseurs et antalgiques
divers mais contraint à l'inverse l'auditeur à de fréquentes
prises de Micah P. Hinson and the Opera Circuit, analgésique
puissant. La politique du painkiller. Sans doute celle qui
amassera le plus de voix.
Benjamin
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