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Et voilà. Cà faisait
bien longtemps que je n'avais pas été scotché par la fraîcheur
d'un album de rock indé pur jus. Les Cornflakes Heroes sont
à l'image de leur sobriquet, facétieux et joueurs, oniriques
et les pieds sur terre. Du parfait " Bible belt " qui ouvre
l'album, on retiendra une furieuse envie de dégommer les ceintures
de chasteté et de taper nonchalamment du pied en battant la
mesure de ses hymnes indie à la croisée de Sleater Kinney
et d'un Pavement ayant repris leur forme initiale, dans une
délectation juste un peu déviante (" Silly boys are untrue
"). C'est finalement une fluidité évidente qui se dégagera
de ses compositions qui coulent de source sur des rythmes
chaloupés, à deux têtes parfois (" Good for nothing "), riffs
débordant de précision et de charme dans les notes de guitare
qui se chevauchent et se rejoignent habilement, dans une joie
communicative appuyée par un Moog spatial du meilleur effet.
" Behaviour lessons " m'évoquera immanquablement mes souvenirs
de lycée, lorsque l'album bleu des Weezers, ne quittait pas
mon walkman cassette qui tenait avec deux bouts de scotchs.
Mais ce n'était qu'une mise en bouche car le morceau qui tue,
c'est " Lifeline " avec sa ligne de basse sautillante à la
Erase Errata et sa guitare crunchy dégoulinante d'envie. On
sent que les Beach Boys ont tourné sur les platines de nos
héros en savourant les chœurs joueurs de " High heels on the
beach ", prélude d'un " Words in the doorway " navigue entre
un rock épuré et clair non loin des bluettes des Shins, avec
ses arrangement ambiance lapsteel. On s'égare au fond fin
du Nebraska avec " Overcome " et son blues amer avant de fondre
sur l'anti-misogyne " Revenge on males ". Condensé du bon
goût dans un style maîtrisé et original dans l'approche, le
contrepoids hexagonal des déçus des Clap you hands and say
NO, et l'aveu du dynamisme et de la créativité d'un groupe
ayant parfaitement digéré ses influences pour devenir à coup
sûr et très rapidement un référence. A découvrir immédiatement
!
Michel
M.
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