| |
Voici
un groupe qui va de pire en pire avec le temps, et il faut
bien avouer que c'est précisément là tout ce qu'on attend
d'eux. Le nom des Czars reste pour moi attaché au souvenir
d'un concert poignant (d'autant plus qu'inattendu car n'ayant
jamais entendu parler d'eux) délivré en première partie des
écossais d'Idlewild ... Quarante toutes petites minutes bouche
bée d'admiration devant tant de génie, arrangements soignés
et vocalises d'un John Grant angélique en tête ! Puis la découverte
après coup des deux premiers albums, quasi sans la moindre
faute de goût si ce n'est leur longueur plutôt difficile à
encaisser, l'émerveillement qui ne veut pas lâcher, et on
place d'office ces gars-là au panthéon des spleeners favoris,
au même titre que des L'Altra, Mercury Rev ou Mojave3, ces
groupes avec lesquels on aime tant partager nos états d'âme
un peu limite.
Goodbye, troisième
livrée, ne changera rien à la donne : le ton est donné dés
les premières notes d'introduction au piano, on se croirait
dans un épisode particulièrement larmoyant d'Urgences. Je
baisse donc les lumières et rabat les tentures, éteins le
téléphone, m'enferme à double tour, et que résonnent à l'envi
complaintes sussurées, choeurs délicats avec l'appui de sensuelles
demoiselles recrutées pour l'occasion, chaleureux effets calibrés
juste-ce-qu'il-faut, diversité instrumentale (trompette blues,
claviers, harpe, violons ...), inventivité de tous les instants
... Certains titres, guère plus de deux ou trois, ont beau
s'annoncer plus sautillants que d'autres, on ne se laissera
pas prendre par ces quelques sourires décochés pour donner
le change : le disque tout entier est un tableau musical aux
couleurs ternes de la mort, de la mélancolie et de l'oubli,
et tient de la grâce la plus pure. Mon verdict reste échangé
dés la première écoute : ce groupe a de la gueule, de la classe,
et mériterait que le premier quidam venu ait au moins eu vent
de leur existence !
Tommy
|
|