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Sur le premier
effort des Américains d'Electric President, le titre neuf
s'intitule " We Were Never Built To Last " que l'on traduirait
maladroitement par : " De toute façon on n'était pas faits
pour durer. " En lieu et place de l'expression d'une résignation
supposée, il faut sans doute plutôt lire la mise en lumière
du caractère délicat et joliment éphémère de leurs compositions.
Les petites mains de la pop derrière Electric President ouvragent
une electronica raffinée pour un résultat souvent haute couture.
Ben Cooper et Alex Kane taillent dans un joli tissu Brian
Eno dix titres élégants en vue d'une collection hiver dont
les modèles empruntent leurs lignes à la maison Benjamin Gibbard
(Death Cab For Cutie, Postal Service) sans pour autant risquer
la poursuite en justice. Une collection sur le thème d'une
mélancolie cotonneuse (l'introductive ballade electro pop
"Good Morning, Hypocrite " et sa brisure rythmique finale)
cathartique (l'excellent " Ten Thousand Lines " où comment
une guitare fragmentée et un beat lourd mais pas lourdingue
clampent un cœur qui se vide) et au final délicieusement curative
(" Some Crap About The Future ", élévation en paliers d'un
couple guitares/laptop d'un peu plus de cinq minutes). Quelques
créations dévoilent cependant leurs coupes maladroites et
leurs lignes floues ("Metal Fingers ", " Farewell " ). A l'auditeur
de se charger des retouches.
Benjamin
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