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Festival Les Inrocks Black XS Lille L'Aéronef 2005  
 

Samedi 5 novembre 2005

Deuxième soirée du festival Les Inrocks à Lille sur le thème " Révisons la géographie du Royaume-Uni avec Hard-Fi, Futureheads, Maxïmo Park ou Kaiser Chiefs ". Un cours magistral d'abord dispensé par les Stars Of CCTV en charge du module : " Ville satellite de Londres, ennui et création musicale : l'exemple de Staines ". Un cours réjouissant qui constitua une entrée en matière des plus concluantes à cette soirée à forte teneur en testostérone.

Hard-Fi enchaîne les titres de son premier effort avec la hargne des morts de faim à qui l'industrie du disque avait promis un repas complet pour finir par n'offrir qu'une entrée rapidement consommée (épisode Contempo pour Archer). " Middle Eastern Holiday " balancée comme un manifeste puis " Unnecessary Trouble ", et " Hard To Beat " et son potentiel dance-floor, saisissent un public très disposé à s'exprimer par le corps. Puis le refrain hymnique de " Tied-Up Too Tight " et la basse dub du single " Cash-Mashine " portés par le chant versatile d'un Richard Archer s'agitant aux quatre coins de la scène, étendent le cercle des convaincus de ce samedi soir. Le batteur Steve Kemp confiait récemment que le groupe attendait avec impatience son intronisation en L1. A l'issue de leur prestation on leur prédit pour bientôt. Une division que fréquente. The Futureheads depuis un moment. Les quatre post-punkers plient l'affaire en deux titres introductifs rentre dedans puis déroulent le set sur un rythme effréné. Une prestation dont le caractère éminemment jouissif doit tout à leur assurance scénique phénoménale et à la touchante complicité qui paraît les unir. Aucun des Anglais de Sunderland ne se départit d'un sourire béat au long du set. Une jovialité contagieuse qui gagne un public particulièrement réceptif aux titres rageurs (" Robot ", " A To B ", " Meantime ", " The City Is Here For You To Use "…) et à la subtilité des harmonies vocales, la grande force du groupe. Ce dernier parvient même à scinder l'audience en deux pour un canon collégial. Un moment des plus agréables pour une formation d'importance qui frappe pourtant par sa simplicité. Plus poseurs mais tout aussi efficaces, les cinq gommeux de Maxïmo Park maîtrisent leur tour de chant comme on dit chez Sevrant. Paul Smith et les siens s'y entendent pour coudre de jolis motifs de pop anguleuse ultra-efficaces. Mêlant titres déjà fichés dans les esprits (" Apply Some Pressure " stratégiquement placé en milieu/fin de partie, " Graffiti ", " The Coast Is Always Changing ") et nouveautés (le titre " Waste Land " si mon anglais ne me fait pas défaut…), le set des cinq de Newcastle (vous devez disposer d'un atlas pour lire ces lignes…) reste bien campé sur ses jambes musclées bien des fois sur les scènes internationales. Le groupe paraît un peu plus à son aise qu'à La Route Du Rock et assume pleinement sa position de co-leader de la soirée avec la classe et la morgue qui le caractérisent. Smith exécute ses chorégraphies robotiques avec un détachement dandiesque et jalonne le set de quelques facéties scéniques (il sort un petit livre rouge sur lequel il paraît lire les paroles d'un des titres). Une folie qui paraît presque orchestrée.

Une (petite) réserve que l'on ne formulera pas au sujet du concert des Kaiser Chiefs. Fidèle à sa réputation le britpack de Leeds (terminus de notre périple grand-breton, veuillez vérifier que vous n'avez rien oublié sous les sièges…) met tout en œuvre pour marquer les esprits : une arrivée très rock stars sur " Money For Nothing " des excellents Dire Straits, sape étudiée (le guitariste portait de magnifiques chaussures quasi médiévales dont le bout pointu devait bien mesurer une vingtaine de centimètres) et gesticulations d'épileptique du leader. Un Ricky Wilson dont la présence scénique magnifie les titres d'un album plutôt réussi (Employment) mais peut-être pas crucial. " Saturday Night " constitue une belle ouverture de set et déjà Wilson explore le moindre centimètre carré de scène. Suivent " Born To Be A Dancer ", le tubesque " Everyday I Love You Less And Less " et son gimmick synthétique, " Na Na Na Na Naa " et son tic albarnien concon puis " Modern Way ". Le public jubile et les fans anglais maquillent l'Aéronef en Brixton Academy. Une euphorie qui culmine avec " I Predict A Riot " qui voit Wilson lutter contre la sécurité pour tenter de pénétrer la foule. Un petit jeu désopilant : esquive, accélération, feinte. Wilson remonte sur scène et conclut cette mini émeute par un " It's just a fucking rock and roll show ! Nothing more, nothing less ". Exactement, et l'on gardera cela à l'esprit jusqu'à la fin du set. Un set de haute volée pour une édition enthousiasmante. England was in the room!

Benjamin

Merci à Danièle LUDVIG de l'Aéronef.

Journée de vendredi / Journée de samedi

 

 

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