| |
On ne présente
plus Gilles Delès aka Lunt. Tour à tour producteur (Angil,
Melatonine…), compositeur (son album éponyme et le split avec
Virga " Baxendall " chez Unique Records dont il codirige par
ailleurs la direction artistique et la gestion), il est particulièrement
prolixe dans le domaine des musiques expérimentales à base
de guitares (" A half of you " chez Nexsound, "The third of
me " chez Another record et enfin " Broken words and lost
answers " sur Hitomi recordings). Si la plupart de ses productions
expérimentales paraissent en éditions limitées et sur des
labels pointus, c'est que c'est une musique qui se mérite
et qui ne se consomme pas. Dans une logique méditative et
introspective, ce " Fragments of free vol.1 ", qui parait
cette fois-ci sur l'excellent label expérimental américain
Carbon records, est minimaliste dans son approche spartiate
de l'utilisation des guitares et des arrangements subtils.
Peu de grands gestes ici, mais des sons éthérés, improvisés
mais ne laissant finalement que peu de place au hasard tant
le propos est cohérent, qui pourraient aisément illustrer
un film de Wim Wenders ou figurer aux côtés de Ry Cooder sur
la bande originale du film de la maturité de David Lynch.
Mais pour ceux qui ont suivi les travaux du maestro du drone,
il s'agit bien ici de sa production la plus lumineuse, la
plus spacieuse, la plus légère. Les notes s'égrainent comme
des plumes libres et bienveillantes. A d'autres moments on
pense à Loren Mazzacan Connors ("The bridge, the airplane
and my my love") ou à Aerial M. (" You soft the rubble and
the dust come to me "). Sur la pièce principale ("I'll incise
a mineral while you draw a tree"), le propos se fait plus
"fragmenté" justement, rappellant un Derek Bailey tourmenté
avant de trouver une lumière dans les strates d'harmoniques
subtilement distillées, un soupçon de musique shamanique.
Le recueillement. Des fragments de liberté d'un artiste au
somment de son art, s'imposant ses propres règles et choisissant
parfois de les contourner avec recul, en tout simplicité.
Michel
M
|
|