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En ce début d'automne,
alors qu'on pensait voir fleurir nombre de disque mélancolique,
une grosse vague de disques fait de pop biscornue et étrange
nous met une bonne vieille claque des familles. Après l'étonnant
album des Fiery Furnaces, voilà que débarque le non moins
étonnant et génial album de The Arcade Fire. Funeral n'est
pourtant que leur premier album. Un disque très riche, à l'image
d'une peinture de Moreau, mais à la différence que chez the
Arcade Fire, la richesse embellie, elle ne surcharge pas.
Un disque onirique, un disque presque pantagruelesque. L'expression
peut sembler étrange pour parler d'un disque, mais en dehors
du fait que les morceaux sont tous absolument géniaux, il
y a cette impression générée principalement par le chant.
Comme si on partageait un très bon repas et qu'on chantait
à gorges déployées, les pommettes un peu rougies, et de grands
mouvements de bras pour exprimer notre joie. Funeral n'est
pas loin d'être un disque parfait, mélangeant superbes morceaux
posés, et de grands morceaux de pop quasiment lyriques, avec
une abondance musicale qu'on n'avait pas eu depuis belle lurette.
Un morceau comme Une Année sans Lumière, démontre à lui tout
seul le génie de ce groupe : une pop song très belle, assez
triste, mais pas désespérée et puis ce final très rock'n'roll,
absolument génial, où l'on s'imagine facilement le chanteur
sauter dans tous les sens, s'entortillant les pieds avec le
jack du micro et tombant à terre, au ralenti, la sueur marquant
le sol à jamais. The Funeral est un fantastique disque, un
moment très intense de musique. Si la suite est meilleure,
on voit déjà arriver Gargantua. En vous remerciant.
Vincent
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