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On se pose la question
depuis le dernier album du groupe, mais Gomm n'est-il pas
le meilleur groupe français, le plus radicalement dans ce
que nous attendons d'un groupe indé, un sens de la mélodie
ne se suffisant pas à elle-même, un lien profond avec l'histoire.
Disons le 4 radicalise le son du groupe, ne trouvant l'équivalent
chez nous que chez les Thugs. Les guitares sont de plus en
plus saturées, la rythmique se voit confier le rôle de saturation
des perceptions externes, et le chant ne se prive pas de se
vriller les cordes. Le morceau qui termine le disque est emblématique
de ce jusqu'auboutisme. Sur don't take a chance Mark E. Smith
ne serait pas dépaysé dans cet univers tonitruant, mais il
pourrait trouver ses aises dés l'ouverture musclée, sorte
de construction pharaonique avec comme chez de projet Sonic
Youth. Alors que la campagne en France commence à battre son
plein, les meetings devraient ouvrir par ces cris de la volonté
d'en découdre. Avec on montera encore plus en puissance laissant
entrevoir en 4 un Goo français, un alliage de fer blanc et
d'élasticité de jeunesse et de fougue. Pas de repos, pas de
temps mort, pas de porte ouverte à la complaisance, ni à la
flagornerie, Gomm veut mettre le feu et de l'électricité dans
tout ce qu'il touche sans prendre soin des alentours, sans
maquillage, donnant à 4 des atours d'un rouleau compresseur
que l'on accueillerait sur le pas de notre porte avec un amical
bienvenue à la maison. Avec 4 Gomm confirme qu'il est le meilleur
groupe français actuellement, le seul à pouvoir souffrir de
la comparaison avec le berceau de cette musique qui a compris
depuis longtemps que l'on ne laisse pas passer les choses
afin de plaire au plus grand nombre, dans cette frange l'essentiel
est d'offrir aux autres l'occasion de sortir d'une torpeur
que les codes nous intiment d'avoir. Is not easy ? avec Gomm
si. Un vent fort va souffler, un force 4.
Gerald
de oliveira
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