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Il avait bonne mine le père noël l'an dernier. Dés février
je lui avait mis en tête de liste le premier album de Sébastien
Schuller, tant weeping willow m'avait atomiser, littéralement
retourné dans tout les sens. Le barbu avait donc bonne mine,
et ce n'est pas un coffret par ici ou un collector par là
qui pouvait m'extraire d'une torpeur que seul les adeptes
du grand large quand le vent est nul connaissent. C'est un
an après que le disque de mes rêves arrivait enfin et pouvait
me replonger dans une abîme de sentiments que peu de disques
ont pu me plonger. Le risque pouvait être alors la déception,
la perte des étincelles sur un format long. Pas de cela sur
le très ironique Happiness, car Sébastien Schuller ne vient
pas du même système que nous, il est plus haut, sa vision
n'est certes pas dopée par la longueur mais justement, à voir
trop clair on cherche vainement l'aventure. L'aventure est
ici dans un disque que certains auront trop vite fait de nommer
Kid C. Intriguant par son chant, Sébastien subjugue par son
sens du beau loin de la signification fasciste que le mot
puisse avoir. Impossible de se remettre du choc Weeping willow,
difficile de croiser Tears coming home sans donner raison
à cette ambiance prodigieuse. Sébastien a du voir les anges
pour chanter avec cette aplomb tremblant, cette assurance
craintive. Il frôle le précipice avec le cran d'un enfant
qui n'est pas encore touché par la fin. Album à la beauté
inaltérable, Happiness lorgne vers air (le dernier jour) autant
que vers les cieux, tranche avec la violence physique, lui
préférant la violence des sentiments servie sur une musique
cristalline et inventive. L'année 2005 commence avec un deuxième
noël, peut être le plus beau de tous. Heureux.
Gerald
de oliveira
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