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Les physiciens
vont certainement mettre des années avant de trouver la réponse
à cette question, comment pouvons nous avoir aussi chaud dans
une atmosphère touchant aux sentiments les plus froids ? Pourquoi
je me sens bien en écoutant Will Oldham ou Mark Hollis et
que je tremble de peur à l'écoute de la Compagnie Créole.
Pourquoi Murnau est le cinéaste vers lequel mes yeux
se posent et Besson (luc) celui vers lequel mes yeux se ferment
ou ma tête se tourne. Ma réponse basique de technicien de
rien, c'est peut être un brin de géni, celui de savoir que
l'on respire le même air que l'autre et que déjà là il y a
du partage. Sound inside est un disque de partage, un grand
disque de partage, un très grand disque de partage, une caresse
à la fois terrassante par sa mélancolie et son spleen ravageur,
mais aussi salvatrice dans une époque ou la rapidité ne fait
certes pas naître l'ennui mais l'effroi. Déjà croisé sur ADA
(notamment sur le volume 3 de nos compilations) Immune touche
aux sommets que très peu d'explorateur ont atteint, les sommets
qu'un simple mortel écraserait ne prenant pas conscience de
la différence des échelles. Immune se place non pas en perspective,
mais rentre en lui. Au lieu de chercher le haut il essaye
avant tout de ne pas toucher le fond, ce qui le rend si beau.
Car Sound inside est beau, mot simple et terrible à la fois
quand on le compare à ses voisins de l'adjectif. Sound inside
combine tout ce que le lyrisme peut laisser aux artistes à
la fêlure véritable. Les envolée sont alors internes (your
landscape, acoustic memories…….) les tâtonnements dans le
noir une ligne de conduite (the same old throb). Dés lors
il y a de la perversité dans la relation avec lui, nous ne
pouvons le quitter mais sans cesse il nous échappe, nous lui
découvrons de nouveaux sillons creusés dans l'instant. Au
aura beau citer Radiohead, Talk Talk ou un frange du post
rock, la direction vers laquelle nous regarderons sera bien
tronquée, comme elle peut l'être par cette ligne d'horizon
quand la chaleur brouille la vue au profit d'un mirage possible.
Chef d'œuvre.
Gerald
de oliveira
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