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Ecoutez venir
à vous les guitares, le froid qui les accompagne n'est pas
de rigueur, il fait parti de la visite. La taxidermie est
une route dans laquelle vous allez vous perdre, on ne redonne
pas la vie aux corps en donnant des postures altières ou guerrières,
non on vous trompe pour mieux vous endormir. Our love to admire
n'a rien du somnifère, au contraire, il termine de façon superbe
une trilogie qui aura mené ce groupe sans tube en haut de
nos montagnes de cœur. Our love to admire ne nous endors pas,
il nous glace avec comme premier chef d'accusation la voix
de Paul Banks, de plus en plus venant d'un outre tombe que
les taxidermistes ne sont pas prêts de pouvoir toucher. On
pourra lire ici ou là que cet album d'Interpol ne révélera
rien de nouveau, mais c'est aller aussi vite en besogne que
d'avoir présenté le groupe comme le nouveau Joy Division.
Ce serait ne pas entendre les guitares virevoltantes de pioneer
to the falls, ne rien comprendre à la magie noire de the scale,
aux essais (mammoth) ou pire ne pas être touché par le séminal
lighthouse, sombre élégie testamentaire qui fait du frisson
un ami pour la vie. Interpol ne sortira jamais de grands disques,
mais ces disques parviendront à passer le temps et à vivre
bien au-delà de la vie que l'on veut bien laisser aux productions
actuelles, et cela sans passer par un spécialiste de l'artifice
de la vie après la mort. Admirable.
Gerald
de oliveira
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