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ADA : Qui es
tu Amélie ?
AMELIE : Lilloise,
adepte de néo-folk !
ADA : La question
qui me taraude pourquoi ces titres de disque à rallonge ?
AMELIE : J'aime
bien voir les disques comme une histoire, où chaque titre
serait un chapitre du conte… et les histoires les plus alléchantes
ont des titres biscornus… " La triste fin du petit enfant
huitre " de Tim Burton, en voilà un titre ! et puis, dans
mon esprit, un seul mot pour un titre, c'est comme lui donner
un prénom, et je trouve ca trop réducteur… à choisir, j'aime
mieux les prénoms indiens, qui permettent de décrire la personnalité
de la personne. Pour ce disque, c'est pareil : " the real
nature of the fantastic ice cream car " fait référence à ce
qui se cache derrière la façade brillante et sans faille d'une
caravane de marchand de glaces, où sûrement des blessures
et des secrets se cachent !

ADA : Quel est
ta source principale d'inspiration pour ce premier album ?
AMELIE : Les
paroles de mes chansons sont en majeure partie inspirée par
ma vie, inspirées par mes amis, mes rencontres, mes lectures.
Pour l'image, tu sais, quand tu fais passer de la lumière
à travers un prisme, un arc-en-ciel sort de l'autre coté…
et bien pour mes histoires, c'est pareil : j'essaye de les
faire passer à travers ce prisme pour les rendre plus jolies,
pour les transformer, leur donner un autre aspect, plus fantastique
et taraudé.
ADA : Ton univers
semble proche de celui de Tim Burton, est-ce une figure artistique
qui te parle ?
AMELIE : OUI
!!! Je l'ai même déjà cité un peu au dessus… j'aime les artistes
qui autorisent à leur imagination les plus grandes divagations,
qui lui laissent une totale liberté. Pour moi, Tim Burton
est de ceux là. Il suffit de voir Mars Attacks, Edward aux
mains d'argent, Beetlejuice, ou encore Ed Wood…. Ed Wood,
où un réalisateur déjanté s'intéresse à un autre réalisateur
complètement barré, il y a quelque chose comme une mise en
abïme là dedans, non ?
ADA : En parlant
de référence Cat Power est une récurrence dans les papiers
sur toi, mais tes références sont lesquelles ?
AMELIE : Cat
Power en fait partie, mais ce n'est pas la principale… Juste
avant l'enregistrement, Joanna Newsom a sorti son disque,
" Ys ". Je l'ai écouté, et là, le choc… j'ai appelé Thomas
Mery (le réalisateur de mon disque) pour lui dire que ce n'était
pas la peine de partir en enregistrement : Joanna Newsom avait
tout dit ! Elle est vraiment une maîtresse pour moi. Et puis
bien sûr, Bjork. Pour son univers entier : c'est comme si
elle avait compris sa propre maison, de la cave au grenier,
ce qui la rend totalement inclassable et toujours dans le
renouvellement. Et puis dans la veine neo-folk, je suis une
inconditionnelle d'Herman Düne et Bright Eyes…

ADA : A l'image
de Mathias Malzieu ton univers semble ancré dans l'enfance
? Tu revendiques ce droit à ne pas tout à fait grandir ?
AMELIE : Ce
n'est pas vraiment un refus de grandir… Je dirais plutôt que
la liberté qu'ont les enfants à interpréter la réalité me
satisfait davantage que la façon de voir des adultes, trop
restrictive à mon goût. Les adultes ont des réponses trop
pragmatiques et raisonnables. Les enfants ont la capacité
d'appréhender la vie de la manière qui les arrange, qui la
rend plus palpitante et aventureuse. L'imagination n'a pas
de limite palpable à travers la vision de l'enfance, et j'aime
à voir la réalité sans forcément les règles et les repères
qui la jalonnent. J'aime la liberté totale que ca m'autorise..
ADA : Tu t'inspires
de quoi pour l'écriture ?
AMELIE : Je
m'inspire de ce que j'écoute, de ce qui me passe sous les
yeux, que ce soit des livres, des films, ou dans la rue…
ADA : Comment
juges-tu la dualité entre cette voix quasi enfantine et ces
chansons avec des fantômes partout ?
AMELIE : Je
n'ai pas envie de juger, pour être honnête ! rien dans cette
histoire n'a été calculé, depuis le départ. Il y a à peine
2 ans je commençais mes cours de guitare, et j'écrivais mon
premier morceau. Les choses sont sorties de cette facon, sans
forcément de travail ou de réflexion sur un univers ou sur
des intonations. Maintenant, il est sûr qu'avec ces textes
associés à une voix que tu qualifies d'enfantine, on pourrait
penser qu'on a laissé une guitare dans les mains d'une gamine
un peu barrée. Heureusement, les arrangements donnent une
note plus grave et mâture à l'ensemble. A la fin de l'enregistrement,
Thomas Mery m'a dit qu'il m'avait aidé à me faire grandir,
et il a complètement raison…
ADA : Tu peux
nous parler du visuel très lo-fi de la pochette ?
AMELIE : La
pochette a été réalisée conjointement par Izo et LN, deux
amis : le premier photographe, la seconde dessinatrice pour
livres d'enfants. Izo, qui était présent à l'enregistrement,
a pris cette photo dans le jardin de la maison, où la propriétaire
fait pousser un labyrinthe végétal. LN, qui avait déjà réalisé
le visuel de l'EP " from the burning tree to the monster mountain
", a repris le thème des arbres (développé sur l'artwork de
l'EP), pour marquer la continuité entre ces deux disques.
Et puis, j'aime bien l'idée que la photo s'étale sur le recto
et le verso, toujours pour faire écho au titre, à ce qui ce
cache derrière les apparences : c'est en dépliant le digipack
que l'ensemble apparaît et qu'on comprend la scène.

ADA : Quels
sont tes envies actuellement ? Avec qui aimerais tu collaborer
par exemple ?
AMELE: J'ai
envie de sortir un EP, tant que le disque est encore un peu
vivant. Je serai triste quand l'objet ne sera plus qu'un truc
de collectionneur, comme les vinyles. Et quitte à parler de
collaboration… que fais Dany Elfman ces jours prochains ?
Mais plus sérieusement, j'aimerais beaucoup que Thomas Mery
accepte de repartir dans cette aventure en studio…
ADA : L'avenir
c'est quoi ?
AMELIE : L'avenir,
c'est la tournée ! défendre le disque sur scène, et cette
fois accompagnée de Jérome Lapierre. J'ai hâte de monter le
set avec lui : plein d'instruments sur scène, le jeu que permet
le duo… Vivement !
ADA : Le mot
de la fin est pour toi :
AMELIE : Don't
be scared by snakes and bees By judgement people radios and
TVs Come to me, my island girl, We'll draw together beautiful
landscapes…
Interview
réalisé via mail en septembre 2007
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