ADA
:Qui se cache derrière Asyl ?
Asyl
: des amis de longues dates à savoir Nicolas et benjamin
Freidline, Antoine de saint-antoine et Mathieu Lescop.
ADA
: Pourquoi Asyl?
Asyl
: Il n'y a pas de réel sens à ce mot; c'est seulement un
mot européen que tout le monde peut se réapproprier et comprendre
comme il l'entend.
ADA
: De celles qui ont marquées à jamais l'histoire de vos
vies à celles qui aujourd'hui encore vous poussent plus
que jamais à composer, quelles sont et ont été vos principales
influences musicales ?
Asyl
: Des influences comme celles de Nirvana, la scène dite
"indé"américaine, des trucs comme Fugazi, Gun club, Joy
Division, The Clash et les pistols, pour la France : Extraballe
et Strychnine. Mais on passe notre temps à acheter et à
écouter des disques que se soit en vinyl ou cd, on est du
genre "fan".

ADA
: De vos premiers balbutiements sur les scènes rochelaises
à la sortie de " Petits cauchemars entre amis ", quel regard
portez-vous sur ces 10 années d'existence ?
Asyl
: On se dit qu'on a abattu un certain boulot, qu'il nous
a fallu être moins branleurs qu'aux débuts (même si on a
encore certaines réminiscences), il a fallu y aller étapes
par étapes sans ce croire arriver là ou on était pas. Mais
aujourd'hui heureux et fier d'avoir fait ce disque.
ADA
: Pensez-vous qu'il est plus difficile aujourd'hui pour
un groupe de se faire connaître ?
Asyl
: Je n'ai pas vraiment d'éléments de comparaison avec le
passé; il y a maintenant beaucoup plus de groupes, mais
des bons groupes de rock français se comptent sur les doigts
de la main, je pense que le moteur c'est la foi que l'on
met dans son travail, ça fait toute la différence, du moins
c'est ce que j'aime voir chez d'autres groupes!
ADA
: Qu'est- ce qui à le plus évolué dans votre façon de travailler
?
Asyl : La technique et l'efficacité, car à la base on
est vraiment des autodidactes et pas vraiment des génies
de la musique; on avait seulement des trucs a exprimer,
il a fallu qu'on apprenne à mieux jouer ensemble et on s'est
bien tiré la bourre entre nous pour progresser. Mais pour
être honnête, on se trouve toujours nul par rapport à d'autres
donc on est toujours insatisfait et dans l'envie de progresser
musicalement.
ADA
: Vous venez donc de sortir vote premier album sur un label
reconnu, qu'apporte une telle structure ?
Asyl
: Tout le boulot qu'on ne fait plus et qui nous soulage,
on a un label qui bosse vraiment à nos côté et avec qui
on ne se sent jamais trahi.
ADA
: Le pseudo revival eighties que connaît le rock aujourd'hui
a-t-il contribué à votre propre éclosion ?

Asyl
: Ca j'en sais rien du tout ! Et puis il me semble que c'est
une vague qui touche surtout les groupes anglo-saxon, nous
on se sent pas vraiment la dedans, et en plus on est pas
connu !
ADA
: Avec le recul comment jugez-vous votre collaboration avec
Andy Gill (Gang Of Four) et Clive Goddard et votre session
d'enregistrement à Londres l'été dernier?
Asyl
: Avec Andy, il y a eu rencontre d'homme, ce fut une expérience
extrêmement enrichissante, tant du point de vue musical
qu'humain. Il nous a fait prendre conscience de nos points
forts afin de les exploiter au maximum, et de laisser tomber
ce que l'on ne savait pas faire. C'est une autre façon de
voir les choses bien anglo-saxonnes, je trouve que ça évite
le bricolage.
ADA : Le fait de chanter en français sur une musique autant
imprégnée par le rock anglais, s'est-il imposé à vous de
manière naturelle ?
Asyl
: Absolument, nous avons toujours fait ça, et ce depuis
les débuts du groupe il y a dix ans, et nous ne sommes partisans
d'aucune école, le rock'n'roll est une musique libre!
ADA : La musique d'Asyl, elle est plutôt engagée ou enragée
?
Asyl
: Les deux je pense. Engagée pas dans le sens Bérurier noirs,
mais dans le sens slogan surréaliste que chacun à la liberté
de s'accaparer. Et enragée oui, car je pense que le rock
revendique une certaine colère froide ou chaude, c'est ce
qui nous fait monter sur scène, sans ça on est numismate
ou philatéliste!
ADA
: Reprendre " Génération vaincue " de Strychnine, c'est
pour vous une façon de montrer que rien à changé depuis
1980 ?
Asyl
: Peut être qu'on se sent encore une génération vaincue
26 ans après, nous avons une chanson "génération" sur l'album
qui raconte que cette génération n'existe pas.
ADA
: Vous êtes aussi des punks désenchantés dans la vie ?
Asyl
: Nous ne sommes pas des punks, désenchanté n'est pas un
mot très joli, plus des optimistes réalistes.
ADA : Par ailleurs vous êtes un groupe qui s'est bâti une
solide réputation scénique, vous abordez vos concerts différemment
depuis la sortie de l'album ?
Asyl
: Non, nous vivons au jour le jour en essayant de se libérer
de la pression des concerts pour pouvoir proposer quelque
chose qui soit beau et pas réaliste, je ne dis pas qu'on
n'y arrive, mais c'est notre but.
ADA
: Vous avez fait entre autres les premières parties de Supergrass,
Dionysos ou très récemment des Buzzcocks, que vous apportent
ces expériences parfois ingrates ? Jouer face à public qui
n'est pas venu pour vous ça demande une débauche d'énergie
plus importante ?
Asyl
: Ca peut être le piège de tomber dans l'énergie, mais il
y a des fois ou c'est bien le seul truc qui reste a faire,
car les gens sont éparpillés et il faut leur en donner plus,
c'est extrêmement fatigant d'ailleurs, mais ces premières
parties restent des expériences qui forgent le groupe et
l'aide à se dépasser. Nous en tirons beaucoup, mais il est
clair que nous préférons pour l'instant jouer dans les bars
concert partout en France.

ADA
: Vous comptez tourner à l'étranger ?
Asyl
: Oui, d'ailleurs nous avons joué deux fois a Liege, 2 fois
a Prague, et demain nous jouons a Bruxelles. Nous avons
l'intension de jouer partout ou il faut, car l'étranger
c'est toujours super cool, le statut d'étranger est très
agréable, le barrage de la langue est super car il t'oblige
a plus d'effort de compréhension et de communication.
ADA
: Au fait ça fait quoi d'être un " indispensable " inrocks
?
Asyl
: Nous en sommes ravi, car c'est quelque chose dont ne nous
doutions pas, donc bonne surprise.
ADA
: Un dernier mot ?
Asyl
: Vive les Bonobos!!! Et longue vie à votre webzine.
Merci
à Anne-Cécile et Adeline d'Ephèlide et à Asyl
Interview
réalisée par mail en mai 2006 par Benoît
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