ADA
: C'est qui Dana Hilliot ?
Dana
: Un personnage que j'ai inventé ou plutôt emprunté à Malcolm
Lowry, un de mes écrivains favoris. Un Nom, un Emblème qui
me permet d'avancer dans le monde de l'art sans trop me
mettre en danger.
ADA:
Bill Callahan ou Leonard Cohen ?
Dana:
Les deux.. Me demander de choisir c'est criminel. Leonard
Cohen est un des poètes les plus importants de notre temps,
et Bill Callahan, j'adore ses textes teintés d'ironie voire
de cynisme. Et tous deux ont de l'humour, ce qui est plus
fréquent qu'on ne le croit chez les songwriters tristes.

ADA
: Travailler seul ou avec les autres?
Dana
: J'adore travailler avec des amis. Je préfère composer
seul, mais recréer ces chansons avec des amis, dans une
improvisation amoureuse, c'est une de mes plus grandes jouissances.
J'aime aussi participer aux projets des autres, contribuer
à les rendre réels. J'ai la chance d'avoir beaucoup d'amis,
beaucoup d'amour autour de moi, et ça enfante beaucoup de
musique tout ça.
ADA
: Quels sont tes projets ?
Dana
: Continuer à essayer d'exprimer pourquoi le pragmatisme
américain me semble conciliable avec la psychanalyse post-lacanienne
et susceptible d'inspirer une éthique fondée sur le respect
de la singularité de l'autre. Continuer à vivre comme j'aime
vivre, me balader dans les montagnes, prendre des trucs
en photos, progresser au volley ball., etc..
ADA
: Ta passion pour la nature et les espaces inhabités influence-t-elle
ta musique ?
Dana
: La plupart de mes chansons me sont venues en marchant.
Au milieu des vaches et des canards sauvages. Je ne sais
pas si ça s'entend. Si j'avais les moyens j'enregistrerai
bien de la musique comme le font les preneurs de son dans
les documentaires animaliers. En fait, il suffirait de laisser
les choses autour de soi chanter. Même pas besoin d'intervenir.
ADA
: A quand une distribution nationale pour Another Record
?
Dana
: Faut leur demander :) Je suis désormais en retrait du
label, et l'équipe qui en assume désormais l'avenir déborde
d'idées, d'énergie et fait un boulot hallucinant. mais je
ne crois pas que la distribution nationale soit à l'ordre
du jour.

ADA
: Les DRM, c'est bien, non ???
Dana : Oui c'est super. Cela dit, plus sérieusement,
je n'ai rien a priori contre les DRM ou la licence globale.
Tant que ça n'a pas de conséquences néfastes pour les musiciens
et les artistes qui sont contre, comme moi. Il y a des artistes
qui espèrent vivre de leur musique, ou au moins toucher
quelques revenus. Je le comprends très bien. Ce désir me
paraît convenable. Même si ce n'est pas le mien, car je
n'ai rien à vendre, je n'ai que faire de la notoriété, et
la manière dont mes oeuvres circulent me satisfait entièrement.
La seule chose qui m'importe c'est que le désir d'assurer
à certains artistes une rémunération ne vienne pas pénaliser
les autres, ceux qui sont animés par d'autres désirs. Si
le législateur était moins influençable qu'il ne semble
l'être, il tiendrait compte de la diversité des désirs qui
animent les artistes, et en cherchant bien, il pourrait
certainement trouver une solution satisfaisante pour la
majorité d'entre eux.
Nouvel album de Dana Hilliot and his friends
: " Misfit " - Greed
Recordings - sortie en Creative Commons License courant
Mars 2006 - Toujours disponible: "I was a rabbit and I won"
- Another Record