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ADA : Avez-vous
une passion pour l'homme éléphant magistralement
mis en image par Lynch
JME : Elephant
Man a été un film marquant pour nous. John Merrick
est fascinant. On s'attache à lui car derrière
sa difformité physique se cache un être intelligent,
touchant et plein d'amour. Le film de Lynch est difficile
car il nous met face à nous-même, face à
nos défauts, face à notre peur de la différence.
Pour la parallèle avec notre groupe, en dehors de notre
admiration pour le cinéma de Lynch et Elephant Man,
je crois qu'on pourrait la justifier par notre musique qui
est assez difforme au final puisqu'elle va puiser dans plusieurs
styles et plusieurs époques. On espère qu'elle
puisse être tout aussi attachante que le personnage
John Merrick.
ADA : Comment
est né le groupe ?
JME : À
l'époque (en 2003), nous avions chacun un groupe respectif
mais pour tous les trois, il s'agissait d'une fin de cycle
pour ces projets. On avait besoin de quelque chose de nouveau,
quelque chose qui nous sorte de nos musiques de prédilection
(Franck, la musique électronique - Cyril, le rock et
Nicolas, la pop) et nous ouvre une nouvelle porte. L'idée
de fusionner la pop, le rock et la musique électronique
était excitante alors nous avons commencé à
écrire des morceaux et à maquetter dans notre
petit home-studio sur un vieux PC et du matériel de
fortune. Dix morceaux plus tard, nous avons été
approchés par deux petits labels. On a choisi celui
qui nous semblait le plus proche de nous en terme musical
et voilà, l'aventure a commencé, un album, quelques
live et surtout le plaisir de faire évoluer le groupe.

ADA : Quelles
étaient vos influences respectives ?
JME : Pour Franck,
le spécialiste de l'électro, c'est Depeche Mode,
Kruder & Dorfmeister, Kraftwerk, Massive Attack, le reggae,
le dub
Pour Cyril, le bassiste, c'est le rock avec Nirvana,
Led Zeppelin, K'S Choice, le rock alternatif
Pour Nicolas,
le chanteur, c'est la pop et la folk avec les Beatles, les
Kinks, Nick Drake, Blur The Beta Band
ADA : Sur votre
page myspace vos influences sont iconoclastes, caractère
que l'on ne soupçonne pas derrière vos chansons.
Jugez vous votre musique trop sérieuse.
JME : Nos influences
ne sont pas uniquement musicales. Ce sont des tranches de
vie, des sportifs, des acteurs, des écrivains et même
des amis. Tout ce que l'on croise et qui a un impact, c'est
une influence.
ADA : En parlant
de myspace, quel est votre point de vue sur l'Internet et
la musique ? Quelle est votre opinion sur la musique libre
et gratuite ? Cette porte grande ouverte n'est elle pas une
marée qui fini par nous noyer ?
JME : À
vrai dire, il y a du bon et du mauvais. Le bon, avec Internet,
c'est la possibilité de faire entendre sa musique et
de s'ouvrir des portes, rencontrer des gens, peut-être
même son futur public. Désormais, les groupes,
les artistes ont une vitrine, organisent leur communication
et créent un vrai réseau. Pour le côté
négatif, avant de parler de gratuité, parlons
du concept du téléchargement massif qui opère
avec le Peer 2 Peer. Avant, les gens faisaient la démarche
d'acheter un disque, ils l'écoutaient en magasin, ils
pouvaient lire les chroniques qui ont été écrites
et ensuite, venait la décision d'achat. Maintenant,
on veut tout écouter, s'abreuver de musique jusqu'à
plus soif et il n'y a plus le côté charmant d'acheter
un disque, ouvrir le cellophane, mettre le disque dans le
lecteur, s'asseoir dans un canapé et écouter.
Tout est trop rapide, trop jetable. Le mp3, malgré
ses qualités (mobilité, conformité au
progrès
), est un support jetable, un clic droit
et il se retrouve dans la corbeille ou dans un dossier archivé,
celui que l'on oubliera
Pour le côté "
gratuit " de la musique, c'est une absurdité.
Pourquoi la musique serait-elle gratuite ? Pourquoi serait-elle
une exception dans l'Art ? Est-elle devenue si " bas
de gamme " que l'on puisse se la procurer sans une contrepartie
? Je ne crois pas. Acheter de la musique, c'est avant tout,
respecter le travail des artistes et leur permettre de continuer
de produire des albums.

ADA : Quel est le futur du John Merrick Experiment ?
JME : Pour le
moment, nous sommes en train de travailler sur le deuxième
album dont la production et le mixage sont fixées pour
le mois de novembre. En parallèle, nous préparons
un live solide avec notre nouveau guitariste. Suite au prix
" Paris Jeune Talents ", nous allons avoir de belles
opportunités de développer le groupe alors nous
sommes dans les starting blocks.
ADA : Le mot
de la fin est pour vous :
JME : Allez
voir Control, le film d'Anton Corbijn sur Ian Curtis et le
groupe mythique Joy Division. Tout simplement la meilleure
biographie musicale réalisée.
Interview
réalisé via mail en Octobre 2007
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