ADA
: Tu as sorti un album en 2003 chez Another Record, " Melancholic
ecstacy ", et tu te prépares à la sortie d'un nouvel album
en 2006. Peux-tu nous en dire plus ?
J.A : Il est toujours en cours d'enregistrement et sera
très différent du premier, qui était très pop. Celui-ci
sera très folk, avec une basse guitare/voix que j'habille
avec quelques arrangements ; mais je tiens vraiment à garder
l'essence des morceaux. Le songwriting est très classique.
J'ai voulu faire quelque chose d'intemporel . Il y a une
participation de Valérie Leclercq d'Half Asleep, qui vient
de sortir un album chez Unique Records. Elle a chanté sur
deux titres.
ADA
: Besoin d'une présence féminine ?
J.A
: On a toujours besoin d'une présence féminine… mais particulièrement
sur ces deux morceaux là qui se très chargés émotionnellement
dans les textes. Moi ma voix est très dure, très sèche.
Sa voix est étonnamment calme et apaisée par rapport à la
mienne. Cet album ne devrait pas être très optimiste…
ADA
: Donc le prochain sera logiquement plus proche de l'orchestre
du Splendid ?
J.A
:oui avec des chœurs inuites et une énorme section cuivre.(rires)

ADA
: Tu as choisi de livrer tes impressions au fur et à mesure
de l'enregistrement de ton album dans ton weblog. Est-ce
que tu peux comprendre que certains interprètent ta démarche
comme un manque de pudeur ou du narcissisme ?
J.A
: Oui c'est totalement impudique (rires). Mais où est l'impudeur.
Là je réponds à une interview. Donc je me livre. Sauf que
dans mon weblog, je devance les questions et je choisis
donc les questions ET les réponses ! En l'occurrence c'est
un parcours, je n'envisageais pas qu'il soit aussi chaotique.
C'est juste une manière de montrer comment ce qui arrive
dans la vie réelle pour interférer avec l'enregistrement
du disque. C'est aussi démarche plus ou oins thérapeutique
via l'écrit.
ADA
: Peux-tu nous parler des textes. Beaucoup font référence
à la guerre…
J.A
: Beaucoup des gens de notre génération ont eu leurs parents
ou leurs grand-parents qui ont connu la guerre, voire qui
y ont participé. Moi c'était le cas avec mon grand-père
paternel. J'ai toujours été marqué par cette période-là,
pour son côté symbolique dans la façon qu'elle a au de changer
le monde. On peut partir de quelque chose de très concret
comme la guerre par arriver finalement à des textes très
métaphoriques. Cà donne des textes assez sombres et littéraires.
C'est une recherche personnelle. J'aime bien l'idée que
les textes vivent en-dehors de la musique.
ADA
: En tant qu'artiste sortant des disques sur une structure
très liée à Internet, sens-tu que ton activité est menacée
par les projets de loi sur les DRM ?
J.A
: Ca va être un gros bordel. Il va y avoir un moment où
cette politique de flicage va se mettre en place. Another
Record ne va peut-être mourir dans deux mois, mais dans
un an, rien n'est moins sûr. Il y a toujours moyen de contourner
les lois stupides qui sont votées. Mais ce serait quand
même plus simple de ne pas avoir à s'en préoccuper si le
cadre légal nous permettait d'obtenir un plus grande visibilité.
En tout cas, le téléchargement continuera, je le promets
à Pascal Nègre.
ADA
: Que dire des sites Myspace sur lesquels les artistes proposent
des morceaux en libre écoute…. ?
J.A
: effectivement les politiciens qui préparent dans l'ombre
ce genre de loi n'ont absolument aucune idée des ramifications
énormes qui sous-tendent les systèmes de téléchargement
de musique libre et du nombre de cas de figure qui se présenteront
à eux dans l'application éventuelle de ces nouvelles lois.
C'est tout simplement ingérable. Apparemment une loi plus
ou moins équivalent aurait été votée aux Etats-Unis et il
semblerait que les politiques là-bas passeraient leur temps
à sans arrêt réajuster ces lois et redéfinir le cadre qui
les régit.