ADA
: Tu peux nous présenter Miele ?
Miele : Une fille, des garçons, beaucoup de possibilités.
ADA : Comment ce fait-il que le groupe fondé en
1998 sorte un album seulement maintenant ? Est-ce
pour cette raison l'âne sur la pochette ?
Miele : Nous étions étudiants lors de la naissance
du groupe. Le temps de terminer nos études, de faire
quelques concours et enfin de réaliser l'album en
autoproduction (avec les erreurs, les difficultés
techniques et financières) … Voilà pourquoi on a mis
tant de temps, surtout qu'on est plutôt perfectionnistes
lors des enregistrements ! Effectivement, l'âne est
un clin d'œil … et un animal qu'on aime beaucoup !
ADA : On parle souvent de la scène belge, qu'est
ce qui rend Miele différent si l'on excepte les textes
en français ?
Miele : Une certaine liberté, je crois. On n'hésite
pas à s'éloigner de ce qui se vend aujourd'hui, à
composer des morceaux très très diversifiés (ambiances,
instruments, styles ..). Mis à part le fait de chanter
en français, c'est surtout ça qui nous caractérise.

ADA : D'ailleurs cela ne vous gonfle pas à la fin
cette idée de scène belge ?
Miele : Non ! Surtout que ce n'est pas faux. Tous
les groupes se connaissent, vont voir les mêmes concerts,
fréquentent les mêmes cafés... On a pas mal d'amis
dans le milieu et c'est plutôt positif.
ADA : Quelles sont les influences de Miele ?
Miele : En gros : Velvet Underground, Pink Floyd,
Barbara, Katerine, Ride, Pulp et tant d'autres… sans
oublier évidemment Serge Gainsbourg !
ADA : Sans y paraître vous jouer le grand écart
entre par exemple nous sommes au juste et Mireille
comme échappée de l'ancien Katerine. ? C'est nécessaire
ce mélange ?
Miele : Oui, en tout cas pour moi c'est très important
de ne pas devoir choisir entre ce qui finalement fait
partie de la personnalité de chacun. On est tous à
un moment donné de notre vie amoureux (" Je vous avoue
"), triste (" Jésus II "), en colère (" Nous sommes
au juste "), mélancolique (" Les méfaits "), stupide
(" Rock "), etc… Nos chansons reflètent cette multitude
d'états.
ADA : Le disque est taillé pour le live. Mais ce
n'est pas une frustration en définitive pour vous
de coucher ces chansons en les fixant dans le temps
?
Miele : Non. Ca a été difficile au début. L'accouchement
a été vécu parfois dans la douleur, mais on est heureux
du résultat.
ADA : Sur les chiffres rouges c'est les années
80 qui nous reviennent, mais de quelle époque êtes
vous ?
Miele : Qui sait combien de vies chacun de nous
a vécues ? Plus sérieusement, je crois surtout qu'on
a été influencés par des groupes ou des chanteurs
d'époques différentes, de la musique classique à Beck,
en passant par Depeche Mode.

ADA : Le morceau 10 explose les frontières de la
pop pour quelque chose de plus éthéré et complexe,
comme si Gainsbourg reprenait le mythe de Melody Nelson.
Miele voudrait-il s'éloigner de la pop ?
Miele : On ne veut juste pas s'enfermer dans un
format particulier. Vive les tubes de 3 minutes et
vives les instrumentaux de 12 minutes 47 !
ADA : Vous clôturez l'album avec un morceau me
faisant penser au bikini du Wedding Present, une punk
pop qui aurait traversait le temps et les techniques
d'enregistrements. C'est pour finir sur une note explosive
et marrante ?
Miele : Oui. L'envie de s'amuser. C'était un morceau
très gai à composer et à jouer.
ADA : En définitive Miele est-il inclassable ?
Miele : On est un peu mal placés pour juger….
ADA : Quelles sont les sources d'inspirations de
Miele ?
Miele : Le quotidien, les émotions. C'est assez
banal finalement.
ADA : Vous vivez comment les bouleversements dans
la distribution de la musique ?
Miele: Etant donné que notre musique est assez
particulière et peut-être pas directement abordable,
on savait qu'on circulerait dans un réseau plutôt
indépendant. On n'est pas vraiment pas touché par
les gros changements dans le milieu.
ADA : Vous connaissez Mireille ?
Miele : C'est la chanteuse… Bien qu'elle ne s'appelle
pas Mireille ! Mais Mireille, ça peut être n'importe
qui !
ADA : Le texte de crois tu as une résonance bien précise,
mais vous le romantisme vous y croyez encore ?
Miele : Euh… Jocker. Je dirais oui et non.

ADA : Qu'écoutez vous en ce moment ?
Miele : Grosso modo, personnellement, j'écoute
Madonna le matin, Kings Of Convenience (les remix)
l'après-midi, et Feist le soir. Franck écoute pas
mal de songwriters indépendants américains (je crois).
Stéphane, aux dernières nouvelles, était plongé dans
la musique africaine …
ADA : Quel est l'avenir proche de Miele
Miele : Des concerts en France (on espère..) et
on va débuter l'enregistrement du deuxième très bientôt.
ADA : Le mot de la fin est pour vous.
Miele : www.legroupemiele.com
pour les jolies photos d'Alexis Gicart !