Avec nonstop
on se doutait que l'on marcherait sur des œufs tant l'homme
impressionne sur son premier album. Pas de déception à ce
sujet, c'est un homme en colére et adepte de la pirouette
verbale qui se présente à vous. Attention aucun arrêt prévu.
Road movie en béquilles, intervieweur dans les cordes.
ADA : Non
stop (le nom) vient du débit ?
Nonstop: C'est
un surnom qu'on m'a donné parce que j'arrivais à boire sans
dormir pendant plusieurs jours !
ADA : Ces
morceaux comme des inventaires c'est aussi un parallèle
avec la poésie, même derrière ses alliances plus ou moins
étranges ?
Nonstop ?
C'est pas des inventaires… C'est plutôt des invendus ! La
poésie ça me concerne mais d'en parler ça me gêne …

ADA : Être
produit par Michniak ce n'est pas pour toi la meilleure
façon de court-circuiter les questions sur la gémellité
avec programme ?
Nonstop :
Si ça peut avoir un effet pour éviter la comparaison un
peu facile avec Programme tant mieux je prends! Mais ça
n'a pas été la raison déterminante! Avec Arnaud on est avant
tout amis et c'est cette amitié qui est à l'origine du projet
Nonstop. Ni lui ni moi sommes chanteurs on écrit juste des
textes énervés et on a écouté à peu prés les mêmes groupes
… Est ce qu'on reproche à Léo Ferrat de ressembler à Jean
Ferré?
ADA : Comment
c'est passé la rencontre avec Michniak ?
Nonstop :
Plutôt mouvementée! La première fois que je l'ai vu c'était
trop tard!
ADA : Par
rapport à programme la musique semble mise plus en perspective
?
Nonstop :
C'est vrai qu'elle le semble (bon c'est vrai que là je tape
en touche mais pour ma défense j'ai pas compris ta question...)

ADA : Penses-tu
(comme moi) qu'il y a un avant et un après # 3 ?
Nonstop :
Un avant c'est sûr! Un après ...
ADA : Comment
es-tu arrivé chez ici d'ailleurs ? ce label n'est-il pas
de l'intérieur l'idée que l'on pouvait se faire de lithium,
une prise de risque au service de nos oreilles ?
Nonstop :
Au départ l'album devait sortir chez Lithium avant qu'il
ne dépose la clef sous la porte... J'ai donc envoyé le disque
à plusieurs labels... Ici d'ailleurs s'est dit intéressé
et comme il me laissait un champ de manœuvre assez large
on s'est vite mis d'accord.
ADA : Le début
de " on ne me dit jamais rien à moi " est-il autobiographique
? tu parles beaucoup, car on ne te parlait pas à toi ?
Nonstop :
En général je suis pas très bavard... du coup logiquement
on m'a jamais trop parlé non plus! Mais je dois pas être
le seul aujourd'hui c'est comme ça on n'a jamais eu autant
de moyens de communication mais ce nouveau siècle c'est
celui de la solitude. Quand t'en dis trop on se dit mais
il se prend pour qui celui là! le messie? Et quand tu t'écrases
on te prend pour un prétentieux! C'est peut être de là d'où
vient le problème... La crainte du malentendu! Un manque
de confiance aussi! Tu vois là je te parle mais en même
temps je me dégoûte parce que je me vois parler! le style
de mes textes vient certainement de là! Des images cinglantes
qui peuvent dire beaucoup de choses sans pour autant rentrer
dans de longs et fatigants discours...

ADA : On démarre
avec des chansons, disons " légère " et plus on avance plus
le disque s'enfonce, c'est un choix, appuyer de plus en
plus ?
Nonstop :
Ah ouais? je m'en rends même pas compte ça doit être plus
grave que je pensais! Non de manière générale y'a pas de
choix.
ADA : Je finissais
le dernier houellebecq quand à mon retour de vacances j'enchaînais
avec ton album…dans les deux cas, l'espoir est loin d'être
évident. Tu proposes ou tu constates ?
Nonstop :
Je prostate!
ADA : Nonstop
cherche quoi ?
Nonstop :
Des réponses.
ADA : Ces
textes sont-ils le fruit d'une longue gestation ou un flux
?
Nonstop :
C'est un espèce de puzzle mental... J'entends des voix,
j'ai des visions que je note sur un carnet. Puis j'ordonne
ces phrases dans le sens que je veux donner à mes chansons
voilà c'est aussi simple que ça!
ADA : Dans
quelles directions trouverions-nous tes influences ?
Nonstop :
Tu veux quoi une liste? T'as des courses à faire? Plus simplement
on doit certainement en partager quelques unes ...

ADA : Van
basten, Battiston et le Téfécé….à quand un morceau sur Monbaaerts
(rires) ?
Nonstop :
Le Téf j'en ai jamais parlé! Je ne parle pas de foot pour
parler de foot! "Tous les jours devoir jouer le maintien
contre une équipe de Van Basten" c'est un tableau sur la
difficulté de pas disjoncter dans un monde bâti sur la concurrence.
"Battiston achète molaire" c'est l'image d'un type en short
dans une civière qui se retrouve dans le coma parce qu'un
autre type en short la coupé en deux! J'avais 6 ans en 82
... ça marque!
ADA : Voulais-tu
avoir une attitude " citoyenne " pour road movie en béquilles
?
Nonstop :
Dans le sens où mes textes sont en réaction avec notre époque
oui il y'a sûrement une attitude citoyenne là dedans...
c'est sûrement pas le meilleur moyen de lutter mais c'est
le mien .
ADA : comment
c'est fait la rencontre avec Blanquet ? le lien entre ta
musique et ces dessins n'est il pas la profusion des images
des références dans la moindre parcelle de dessins ou chez
toi de silence ?
Nonstop :
ça s'est passé très simplement. Je suis allé sur son site
(blanquet.com) et
tout de suite j'ai senti un lien de parenté. Il a écouté
le disque et a accepté d'illustrer la pochette... ce que
j'ai apprécié chez lui, en dehors de ses dessins, c'est
justement cette simplicité... Avec lui pas de blah blah
un coup de fil quelques mail et hop c'était réglé! Pour
en revenir au lien qui existe entre ma musique et les dessins
de Stéphane Blanquet on peut dire que c'est le fou rire
dans le cauchemar.
ADA : D'ailleurs
aimes-tu le silence ?
Nonstop :
Moi je l'aime bien! C'est le silence qui m'aime pas...

ADA : L'époque
est elle si atroce (naïf que je suis) pour lui infliger
des brûlots de cet ordre (sic)?
Nonstop : T'as
raison je sais pas ce qui m'a pris! De quoi je me plains?
Je dois être aigri ou jaloux de toi... J'aimerai tellement
être toi... Je me caresse en pensant à toi... Gérard Jugnot
est l'acteur préféré des français. Y'a autant d'enfants
en France que d'orphelins en Afrique. Dans le métro tout
le monde se planque derrière son journal gratuit. Mais à
part ça tout va bien ! Et c'est vrai que pour moi c'est
pas si atroce que ça !
ADA : Je me
prends une mandale si je rapproche ce LP avec le dernier
stupeflip, le décorum bedesque en moins ?
Nonstop :
Non pas une mandale non un frigo plutôt... mais en même
temps je m'en branle de stupeflip j'ai même aucune raison
de dire que c'est naze je pense juste qu'il sait pas trop
où il en est et ça nous fait déjà un point commun.
ADA C'est
quoi l'avenir de nonstop ?
Nonstop :
Un mur
ADA : le mot
de la fin ?
Nonstop :
Senna