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Histoire
de fixer les choses pouvez vous vous présenter ?
NUD:
NUD est composé de cinq membres : Daniel au chant et aux samples,
Tori au chant, Ian à la guitare et au violon, Hansemann à
la basse, et Inti aux platines.
Comment
définiriez vous cet album ?
NUD:
Je crois que le titre de l'album en dit beaucoup là dessus.
"Stuck between rock and a hard place" (" coincé entre un rocher
et une surface dure") est un album aux influences multiples.
Vous y trouverez des influences rock assez évidentes, mais
aussi des éléments d'électronique et de hip-hop. Je pense
que l'album montre bien la diversité qu'il y a dans le groupe.
Son titre définit aussi une atmosphère, une humeur pour cet
album, ce qui est très important. Etant moi même l'auteur
des textes, je pense qu'ils permettent aussi de mieux comprendre
le titre de notre album.
Partez-vous
sur une base acoustique voire au piano pour composer vos morceaux,
ou tout arrive en studio suite à des sessions ?
NUD : Ni l'un ni l'autre en fait ! Avant, on avait l'habitude
de partir d'une base acoustique mais ça fait des années qu'on
n'a plus procédé comme ça. On est plus proches d'une méthode
basée sur les bœufs, les jam sessions, mais encore une fois,
on s'est dits qu'il fallait néanmoins qu'on garde un réel
contrôle sur ce processus, afin d'être sûr que ça aboutisse
à des chansons, d'éviter de répéter toujours les mêmes impros,
de tourner en rond. Aujourd'hui, on utilise en général une
sorte de " point de départ ", un texte, une ligne de guitare,
ou une idée plus complète venant d'un des membres du groupe.
Et partant de là, on en fait une chanson de NUD.
Dans
une affirmation moins noire, j'ai pri votre disque avec le
même impact que Maxinquaye de tricky . Vous vous sentez proche
de cette musique quasi hybride ?

NUD : C'est clair ! Pas mal de gens ont pensé à Tricky
lorsqu'il s'est agit de faire des comparaisons. Tricky est
un grand musicien que nous admirons, et on est vraiment fiers
d'être ainsi rapprochés de lui. Ceci dit, il y a beaucoup
d'autres groupes qui sont cités en comparaison à NUD. Ce qu'ils
ont tous en commun, c'est que comme nous ils essayent de mélanger
les influences. A l'arrivée, vous pourrez toujours trouver
une comparaison à laquelle vous référer dans cette " musique
hybride ". En matière de musique, je pense qu'il est important
de ne pas être un puriste enfermé dans un style. L'évolution
de la musique est toujours, a toujours été, et sera toujours
une question d'ouverture à de nouvelles idées !
Aimez-vous,
et jouez-vous du vertige que peut provoquer la voix de Tori
?
NUD : Ma foi, si ça sonne bien j'aime ça, si je me sens
bien en écoutant j'aime ça ! Pour moi ça provoque quelque
chose, c'est pour ça qu'on utilise ainsi la voix de Tori et
qu'on fait notre musique comme ça. Mais bon, le seul juge
reste le public, et est-ce que ça a le même effet sur lui,
je ne sais pas trop...
La
Norvège nous a habitué depuis quelques temps à des artistes
baignés de folk US ? Est-ce une formule étrangère pour vous
?
NUD: J'ai déjà entendu dire ça, ouais, mais en même temps
tu verras que ce qui a eu le plus de succès à l'export venant
de Norvège n'a pas été influencé par ce type de musique. Par
exemple : A-Ha ou Röyksopp… Mais en Norvège comme dans d'autres
endroits, il y a une certaine attention portée à ce mélange
" chanteur / songwriter " mâtiné de country. C'est vraiment
éloigné de la musique qu j'écoute même si j'ai grandi auprès
de parents qui vénèrent Bob Dylan. Enfin bon, je ne pense
pas que NUD puisse se retrouver à un moment dans cette vague
là.

Pensez-vous
que la notion de groupe au sens gang est encore possible dans
l'industrie du disque ?
NUD : Je pense que c'est parfaitement possible ! Les membres
de NUD sont tous amis depuis des années. On s'est même connus
plusieurs années avant de former le groupe. Maintenant, ça
fait 8 ans qu'on joue ensemble, et plus ça va plus on ressemble
à une vraie famille. Enfin bon, je pense que l'industrie du
disque se fout bien de tout ça, c'est sans doute pour ça qu'on
voit tant de groupes qui ne passent pas le cap du 3e album.
Y a t'il une adaptation de vos titres pour le live ou pensez-vous
au live en enregistrant ?
NUD
: Ca arrive très souvent qu'on essaie nos nouveaux titres
en concert. Toutes nos chansons ne sont pas écrites dans une
perspectives live, mais bon, c'est une très bonne façon de
les tester. Quand on commence à enregistrer, ça peut arriver
qu'on change deux ou trois choses, mais en général ça vient
plus après les avoir jouées un peu en live. Et certains titres
ont deux versions, une pour le disque, une pour la scène.
Que
pensez-vous des changements survenus avec l'apparition du
téléchargement sur internet ?
NUD
: C'est un peu facile de dire ça. Dès qu'il y a un vague lien
avec internet, on dit toujours que c'est la fin d'une époque
pour le truc en question. Et en général, avec le temps, on
se rend compte que ce n'est pas le cas. Je crois que le phénomène
internet n'est pas aussi puissant que se l'imaginent certains
avec leurs scénarios catastrophe. Moi je collectionne les
albums, les disques qu'il soient en plastique ou en vinyle,
et pour moi c'est absurde quand un gamin me dit qu'il a 7.000
albums chez lui alors qu'en réalité il les a tous téléchargés
sur son disque dur et n'écoute qu'une dizaine d'entre eux
! Je suis peut-être un peu vieux jeu, mais j'apprécie un album
quand je peux l'écouter en entier, regarder la pochette, le
tenir dans mes mains. Je n'essaie pas de prendre de haut les
gens qui téléchargent, mais j'espère que l'industrie de la
musique parviendra à ce que ce public là s'intéresse à l'album
comme un tout. Le design, par exemple, il y a plein d'artistes
pour lesquels c'est super important. Malheureusement, je ne
pense pas que le monde d'aujourd'hui pourrait donner naissance
à un groupe comme Pink Floyd. Le web non plus. Alors autant
jouer sur les deux tableaux !
Concevez-vous
à cet égard de ne plus sortir d'album et de ne plus vous occuper
de visuel, sortant juste des chansons pour alimenter itunes
et autres ?
NUD : Eh bien comme tu le devines peut-être, à ce stade
la réponse est NON ! La visuel et l'album en tant qu'ensemble
sont importants pour nous. Bien sûr, ça résoudrait certains
problèmes financiers, mais je crois que ça diminuerait la
valeur artistique de l'album. .
Vous
pouvez d'ailleurs nous parler de l'artwork autour de l'album
?
NUD : On a un bon copain à nous. Ca fait longtemps que
c'est un pote du groupe, et c'est un super graphiste, capable
de comprendre les idées qu'il y a derrière les chansons. Kalle
(c'est son nom) a fait l'essentiel des visuels, et c'est un
vraiment un membre à part entière de la famille NUD. Son vrai
nom c'est Karl Martin Saetre, il a un très beau site web,
jetez y donc un coup d'oeil : www.kallegraphics.com. C'est
à lui qu'on a confié le côté visuel, voilà.

L'image
est elle le moteur de vos compositions ? Vous passez par elle
ou par l'expérience pour écrire ?
NUD : On utilise les deux. L'expérience est un élément
important dans mes textes, mais je dois dire qu'il y a certaines
choses sur lesquelles j'écris qui ne sont pas directement
liées à mon propre vécu..
Avant
de partir pourquoi NUD ?
NUD: AOn nous pose souvent cette question. Ce nom, NUD,
rejoint l'idée de mettre à nu notre musique. On essaie de
faire une musique nue et vraie pour ses auditeurs, pas emballée
avec des tas d'autres trucs. MAIS on sait que NUD a encore
du chemin à faire pour ça. On sait bien que notre musique
n'est pas aussi " à poil " qu'elle devrait l'être. Mais on
garde cette idée comme une sorte de Nirvana, comme un but
vers lequel on tend.
Un
dernier mot ?
NUD:
Oui, je voudrais ajouter ça : c'est vraiment très cool de
travailler avec le public français. La France a donné naissance
à un grand nombre d'artistes d'envergure internationale que
j'écoute tous les jours. Je pense à des gens comme Air, Kid
Loco, Phoenix, Dimitri from Paris… Quand j'étais plus jeune
j'écoutais même MC Solaar, mais maintenant je suis plutôt
la scène reggae française, des groupes comme Kana. Enfin bon,
vraiment, je crois que le public français est habitué à écouter
de la musique de qualité. C'est pour ça que j'étais très enthousiaste
à l'idée de lui soumettre notre truc norvégien hybride. Et
j'espère que vous appréciez !.
Interview
réalisé via mail en novembre 2004 par gerald
de oliveira
Merci
à Nud et à jp pour la
traduction
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