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Radio de contrôle
de A Ship, Like A Ghost, Like A Cell, album envoûtant mais
ébranlant de folk près de l'os oxydé par une electro parcimonieuse
aux inflexions free, par son auteur, Thomas Mery.
Sing a Song
Je
crois que c'est la chanson la plus évidente du disque. Elle
est douce amère, comme si je souriais mais à moitié et puis
je mêle des images assez tranquilles au début pour dire par
la suite que je ne sais pas ce que ça fait de perdre beaucoup
de sang mais que ça va m'arriver. C'est une chanson sur la
peur et la perte de contrôle je crois. L'image de la perte
du sang m'est venue à la suite d'une réaction assez violente
que j'avais eu face à une perte de contact avec quelqu'un
et qui m'a un peu fait perdre le sens de la mesure dirons-nous.
La chanson évoque un moment où j'ai perdu pied, où je suis
allé me perdre dans des endroits à l'intérieur de moi qui
m'ont fait vraiment peur.

Node to Node
Le morceau parle
de traversée, virtuelle et réelle. D'espaces qu'on franchit.
C'est un morceau que j'ai écrit avant de vivre ce dont il
parle. Je veux dire que l'histoire qui sous tend tout le disque
ne m'était pas arrivée quand je l'ai écrite et puis c'est
arrivé et je me suis rendu compte que j'en avais déjà parlé
dans cette chanson. Alors sûrement on peut dire que j'ai provoqué
les choses, pour justifier la chanson ;) Les voix que l'on
entend essaie de donner cette impression de flottement, de
quelque chose d'insaisissable.
The Red of the
Shoes
C'est un de mes
morceaux préférés. Il a été composé très peu de temps avant
l'enregistrement et assez vite comparativement à d'autres.
Les paroles sont une sorte de flot de pensée qui est parti
du fait que j'imaginai le sang couler dans les milliers de
petites veines à l'intérieur de ma tête. C'est assez dur de
dégager un vrai sens de ce qu'elle dit. Il y a des images
de foule silencieuse, une référence au magicien d'Oz, une
comparaison entre des larmes et des petits soldats sur une
pente raide et aussi une sorte de recul sur la vacuité de
tout ce qui vient d'être dit, quelque chose comme ça... Une
sorte de collage d'images qui me traversait la tête.
Shaping Places
C'est un des morceaux
les plus vieux. Un parallèle entre ce que je vois de ma fenêtre
et des souvenirs de villes du nord. Le titre vient du fait
que j'imaginais qu'on pouvait façonner les lieux qu'on avait
traversés et les faire se répondre entre eux, les utiliser
comme révélateurs les uns des autres. A la fin du morceau
on quitte le concret, les éléments du décor pour rentrer à
l'intérieur et se demander pourquoi j'ai fait ce parallèle
et combien ce que je vois maintenant me permet de revenir
à ce que je voyais alors. Sur ce morceau il y a la guitare
de Guillaume Eluerd qui doit sortir un très bel album à la
rentrée sur QuaterMass et la voix de Marielle Martin chanteuse
de Playdoh, groupe avec lequel j'ai travaillé pour leur premier
album en studio et puis sur scène pour leur second album.

Box Model
Box model c'est
un référence à la manière dont sont construits les sites web
aujourd'hui et biensûr c'est une manière de dire que je me
sens enfermé. Dans quoi je ne sais pas trop, probablement
dans ma tête ;) Je parlais avec quelqu'un l'autre jour à qui
j'expliquais que je faisais de la programmation internet et
aussi de la musique, je lui disais que j'avais une vision
pas vraiment mystique de la vie mais juste une vision dans
laquelle tout est lié, que tout renvoie à tout et je pense
que j'ai tendance à essayer de rapprocher des choses qui peuvent
paraître opposées. Je pense souvent aux structures et au degré
de liberté qu'elles peuvent procurer. C'est pareil pour les
contraintes qui souvent permettent de se dépasser. D'ailleurs
de cette chanson qui mélange l'humain et le 'mécanique' on
débouche assez naturellement sur un morceau très libre et
improvisé au piano.
Untitled
C'est un morceau
que j'ai improvisé quand j'enregistrais les arrangements du
disque. J'étais tout seul dans une maison qu'on m'avait prêtée
et je me suis mis au piano et voilà :) j'ai été assez surpris
par le résultat. Sur le disque il y a des morceaux comme ça
pris sur le vif (comme Pieces of your Brain aussi) et des
morceaux que j'ai mis beaucoup de temps à structurer. Ca me
plait assez qu'il y ait ces deux côtés.
Real Shift
Justement un morceau
qui a pris son temps pour trouver sa forme. Ce qui ne veut
pas dire qu'il n'en changera pas :) Il avait été enregistré
une première fois pour HallonSaft un EP qui était sorti sur
le label MP3 Sundays
In Spring. Le melodica qui accompagne le morceau est pour
moi une grande réussite dans la mesure ou comme beaucoup d'autres
sources acoustiques sur le disque il a été filtré par l'ordinateur
ce qui lui donne son côté extrêmement fuyant et sa texture
particulière mais qu'on ne peut pas vraiment associer à un
traitement électronique. Il n'aurait jamais pu sonner comme
ça si je ne l'avais pas passé par ma machine qui le modulait
et le manipulait.

In this Circle
Ce texte a été
écrit pour quelqu'un et je ne pensais qu'il deviendrait une
chanson. Je m'en suis servi parce qu'il me semblait appartenir
au disque. Je ne sais pas si je me sentirai jamais complètement
détaché du fait que je l'ai enlevé à quelqu'un pour l'exposer
à tous mais en tous les cas c'est un des textes qui m'émeut
le plus. Il a été écrit vers 1h du matin sur un espace web
qui était dédié à ce que j'écrivais la nuit pour cette personne
à qui en quelque sorte j'ai volé ces mots que le jui avais
donnés.
The this that
Encore un morceau
sur mes pensées qui s'entrechoquent :) contre les murs cette
fois. Encore un morceau sur cette histoire qui m'a habité
et effrayé et ravi et emmené assez loin. J'ai beaucoup appris
en composant ce morceau et je ne cache pas qu'il a été assez
inspiré par Nick Drake ou Bert Jansch. Il va sans dire qu'il
n'y a pas de comparaison à faire... ;) La fin du morceau qui
se fait happer par les nappes électroniques reflète assez
bien je pense mon état de l'époque ... La tempête après le
calme si l'on peut dire ...

Pieces of your
brain
C'est un morceau
qui a été enregistré sur des marches à l'exterieur de la maison
dans laquelle j'enregistrais avec Sylvain Closier, près de
Toulouse. Il était assez tard et j'ai commencé à improviser
différentes choses et Sylvain voulait placer des micros dehors
pour essayer de capter l'ambiance du dehors et du soir. J'aime
beaucoup la façon dont on peut se demander si les sons sont
naturels ou électroniques. D'autres morceaux sont pleins de
matières électroniques mais ici ce sont juste les grillons
qui ont fait office de tapis sonore. Tout est improvisé et
je me souviens que j'étais dans un état assez spécial, fatigué
et nostalgique, un peu saoul aussi ;) Les paroles parlent
du fait que je suis là sur des marches et que je regarde devant
moi, que je pense à une histoire difficile que j'ai vécue,
qu'il y avait aussi des marches dans cette autre maison. Je
tente de m'excuser de la manière dont j'ai pu terminer cette
histoire et d'un rêve que j'avais fait la nuit précédente
dans lequel je découpais des tranches de cerveau pour les
aplatir, va savoir ... :) .
Analyse recueillie
par Benjamin, Juin 2006
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