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En 1992 parler de chanson française c'est se fendre d'un énorme
fou rire, de soupirer de honte et de tomber dans une déprime
aussi noir que le pendant au rouge de Jeanne mas. Telle la
fée clochette se posant sur l'épaule de l'opprimé par tant
de beauferie franchouillarde, Dominica, une chanteuse nantaise
chatouillait nos oreilles sautillantes de tant de bonheur
à jamais inespéré. La chanteuse en l'occurrence s'avérait
être un chanteur quand je m'astreignais à ne pas boire plus
que de raison pendant le programme de lenoir avec Viviant.
La fossette devint saillante sur notre visage, signe de ralliement
de tous les adeptes de cette chanson minimaliste dans l'aspect
mais énorme dans l'importance, catalyseur d'une decomplexion
qui ne cessera de se démentir. Chaque centimètre carré de
cette bouée de sauvetage tombée du ciel s'installe dans notre
éternité comme des marques sur un épiderme fragile. De va
t'en au courage des oiseaux, des lapins à l'extraordinaire
écho, Dominique s'appliquera à densifier l'émotion dans un
dessert aigre doux, miroir dans lequel plus personne depuis
le Gainsbourg non télévisé nous avait projeté. Depuis, quand
il pleut mes bras ne font que tomber, je me demande au 21
décembre si nous allons passer l'hiver et je supporte encore
moins la folie des hommes. 1992 est l'année 01 de la chanson
d'ici, celui d'un disque sombre de lumière gifflante et sarcastique.
Ma bouée de sauvetage pour l'éternité.
Gerald
de oliveira
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