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Dom Duff propose
sur cet album une musique fortement ancrée dans sa Bretagne
natale. Celle-ci même sonorités typiquement locales, au doux
parfum world, dans un esprit rock, Dom gardant l'énergie de
celui-ci pour élaborer de superbes morceaux de folk breton.
Il a crée le Pagan Group, groupe à géométrie variable et qui
a pour particularité d'inclure une belle collection d'instruments
très divers. Ainsi, on trouve dans ce collectif bombarde,
biniou, saxo koad, bodhran, gaida etc..., le panel instrumental
contribuant grandement à la richesse de la musique entendue
sur ce disque et sur scène. Cet album est donc le prolongement
direct, après " Straed ad amann " et deux albums avec Diwall,
groupe de fest-noz, de ce que Dom pratique et affectionne,
et surprend par son côté personnel et abouti, hors-normes.
Le chant en breton, mélancolique, nerveux lors des élans rock,
est d'une grande beauté et transposte l'auditeur vers la côte
nord du Finistère dont l'artiste est originaire, tandis que
l'instrumentation varie au gré des humeurs de ce poète chanteur.
Ca commence avec " Son faro ", superbe chanson folk qui rappelle…New
Model Army avec cette acoustique tendue, celle ci se faisant
plus délicate sur " Miz du ", autre morceau folk habité et
captivant, avant de reprendre sur un ton plus rock, plus endiablé,
sur " Kig ha farz ", entraîné par une batterie rock sur instrumentation
vivace, ce qui fait qu'en trois morceaux, on peut déjà percevoir
l'éclectisme et l'ingéniosité des morceaux de Dom, et qu'on
se trouve déjà en présence d'un disque qui accroche et retient
l'attention. " Hei ! Soner " revient à ces sonorités acoustiques
apaisées, et se trouve enjolivé par la voix de Julie Murphy,
dont la voix " colorie " d'ailleurs une bonne moitié des titres
de " Lagan ", puis " Job all lonker " est plus sec dans le
chant et privilégie les sons bretons qui évoquent l'orient,
perpétuant le voyage à la fois géographique, spirituel et
musical initié par ce disque. Arrive ensuite un " Kenatchao
" sobre et dépouillé, de tradition typiquement bretonne, au
refrain qui s'incruste dans le cerveau, puis " Marc'h azur
" dans la même lignée, en toutefois plus étoffé dans ses sonorités
et qui se termine façon rock. " Pagan camp " réinstaure une
certaine sobriété, même si l'on sent derrière cette apparente
sérénité une tension, un climat orageux, présent également
sur le morceau suivant, " Kertrouz ", aux guitares acoustiques
menaçantes et bénéficiant de la voix de Nolwenn Korbel, chuchotée
et d'un apport non-négligeable sur ce nouveau morceau abouti,
à l'image de ce qui précède. Il nous reste alors trois morceau
pour achever ce périple captivant, et c'est " E penn ar skaon
" qui introduit cette trilogie finale dans une certaine sérénité,
laissant ensuite place à " An nor c'hlaz " qui s'agite quelque
peu, chant exalté et trame sonore plus sèche, sans toutefois
vraiment décoller, doté de ces sonorités acoustiques véritablement
prenantes et de cette atmosphère " bretonisante " qui fait
la force et l'identité de ce disque. Disque qui s'achève sur
un " 'Tra da lavar " apaisé et qui confirme la grande valeur
et la personnalité, la richesse et l'identité marquée de cet
album précieux, merveilleux voyage dans les recoins de cette
belle Bretagne. A découvrir sans tarder, un album qui, outre
le fait qu'il dépayse, propose autre chose et au total, passionne
et envoûte .
Will
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