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Le collectif normand
La Maison Tellier emprunte son patronyme à une nouvelle de
Maupassant. Elle met en scène la vie d'un bordel où l'on se
rend " comme au café, simplement" ; les clients tirent de
la virée un profond contentement et un désir de renouveler
l'expérience au plus vite. A quelques exceptions près -notamment
ce vague sentiment de culpabilité qui étreint sans doute l'amateur
d'hôtel de passe- l'écoute de leur album homonyme produit
un effet identique. Les douze pensionnaires de La Maison Tellier,
l'album, ont les lèvres gourmandes (le quatuor donne dans
l'harmonie vocale mosaïque et les arrangements " pleins et
déliés " classieux avec un plaisir revendiqué) et la cuisse
accueillante (la voix saisissante de profondeur de Yannick
Marais). L'alt. country altière des Normands s'échappe parfois
de sa petite maison jaune et rêve de Palace(s) (" One More
Beer " et son clin d'œil à Dylan, " No Name #2 ") et d'espaces
à la John Ford (le tourmenté " The Troubles Of A Troubled
Mind ") avant que de se souvenir de son attachement à sa région
-on consultera pour s'en convaincre le blog du groupe et en
particulier sa section photos- et à son pays (l'écriture de
certains titres en un français érudit et subtile). Du côté
du Havre et de Rouen, La Maison Tellier relance la mode des
santiags portées avec la classe d'un Johnny. Cash, pas Hallyday.
Nul doute donc que beaucoup visiteront La Maison Tellier,
I tell ye.
PS : La Mairie
de Rouen devrait songer à donner le nom du trompettiste du
groupe à une place de la ville. .
Benjamin
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