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Elle devait s'ennuyer cette vieille copine. Plus toute jeune,
rarement accompagnée de ses 6 locataires elle attendait dans
sa maison de retraite se doutant que son temps était passé,
et qu'à l'automne de sa vie s'était poussière et moisissure
en point de mire. Mais comme toute bonne grand-mère aimante,
elle eut la visite d'un de ses petits fils préférés. Certes
il ne la cajolait pas vraiment en sa présence elle se rêvait
pas en accord, mais lou avait le dont de la faire exister.
Après les Breeders c'est au tour d'une autre grand figure
du rock indé de refaire surface. Lou Barlow pape de low fi,
figure de proue du Sebadoh cool et mélancolique (donc pas
celui de lowenstein), et génial brouilleur de piste du projet
folk implosion. C'est en vacances de ces deux groupes qu'il
sort un nouvel album sous le nom de sentritoh version la plus
brute de lou barlow enregistrée avec les moyens du bord. Les
premières productions nous avez charmé les sens quoi que les
oreilles pouvaient souffrir d'un son trop brut en comparaison
du son actuel. Ceux sont 23 chansons qui composent ce disque.
23 squelettes, 23 prises de note que n'importe quel songwriter
de 3ème division prendrait encore moins complète sans rechigner.
On va tout y trouver et d'ailleurs en voici le grand déballage
d'emblée le mixte enfin réussi de sebadoh et folk implosion
(open door war). Une relecture de sebadoh (choke the rythm)
auquel il reste les os mais pas les paroles. Un lou déchaîné
tapant un boeuf avec un diable en bout d'entrain en se marrant
sur le monde (the devil +). Du brouillon qui gagnera en épaisseur
quand le maître des lieux aura décidé de le rendre présentable
(that kind of year). De la mélancolie pure et simple même
avec un reste de guitare (wwjd ?). ce type sait parfaitement
nous tirer une larme. Après ce morceau Elliott Smith va peut
être avoir du mal à rêver. Un hommage avec Bob Mould comme
ange gardien (over the fall) une splendeur (home of your goddam
bizness) en tous points remaquables pour un règlement de compte
en douceur. Une vraie folk avec le coeur. Du sirupeux, quand
il ne peut se plonger dans le fiel (i love my momma). Un accès
de jeunesse pour le trop vite classé vieux lou (up from de
well). De l'artisanat merveilleux en bois sec (on the face)
une visite en costume dépouillé (bad habits). Une entrée dans
l'intimité des Barlow, avec ce folk, chanson à boire de fin
de banquet (ride a hearse, build a throne). A colorer les
réunions de familles teintées d'humour noir. Une réflexion
sur les relations avec le sexe opposé (girls come first… tiens
tiens). Un plagia de soupe actuelle, rendu digeste, pour en
faire un tube en devenir dans les brocantes où chez les moniteurs
de colonie de vacances (don't call me writer). Un retour en
enfance, inaudible pour notre plus grand malheur (songfull/rehole).
Un voyage dans l'espace que nous choisissons bien volontiers
plus tôt que celui de Moby (spacescape imagination station).
Tel un catalogue d'une vieille manufacture Lou Barlow égraine
la (sa) vie, les (ses) sentiments d'un contemporain de cette
guitare désossée, histoire qu'elle alimente cette mémoire
pour les futures absences du rejeton. Nous sommes tous une
vieille guitare.
Gerald
de oliveira
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