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A cause, ou grâce
à une coqueluche récalcitrante, j'allais pouvoir profiter
du disque que la terre entière attendait avec l'impatience
d'un supporter du paris SG attendant une victoire. Alors que
la date de sortie était fixée, je m'étais interdit de télécharger
le moindre titre, ou d'aller lire les premiers jugements sur
le disque. Au sein de la maigre équipe rédactionnelle d'ada
un conseil de guerre devait décider de qui irait se coller
à la critique du monstre que l'on voulait bien mettre à cette
place. En fait le désir ne montant pas je me collais à cet
ouvrage, après une commande à la fuck pour une version de
luxe qui ravira les adeptes des dessins de bas de page et
fera hurler les maniaques du rangement. Et la musique dans
tout cela, car derrière ce qui parait être une opération de
communication (le groupe en est il responsable ?) de grande
échelle, se cache le successeur au disque le plus marquant
des années 2000 le fameux Funeral. Pour partir du bon pied
il fallait essayer d'oublier ce graal et voir en neon bible
le début de quelque chose d'autre et non une suite obligatoire
qui aurait sa perte dans le fait même d'exister. Le disque
ouvre par un morceau noir et oppressant. Win Butler semble
à un étage différent que l'ensemble du groupe, chantant "
you can't watch your own image, and also look yourself in
the eye " comme pour mieux mettre un voile de certitude sur
la sensibilité du groupe et sur ce qu'il lui est arrivé. Keep
the car running arrive pour chasser les nuages noirs et conjurer
l'abandon pour un acte d'amour à peine égratigné par le biblique
et rentré neon bible qui en donnant son nom à l'album lui
donne aussi cette coloration plus noir que intervention ne
contredira pas. Avec intervention on entre comme en religion,
une orgue monstrueuse. Morceau le plus prenant de l'album
intervention plombe autant qu'il libère de ses paroles plantées,
les lettres enfoncées dans la terre. Avec Black wave / bad
vibrations nous pourrons y voir un Cure désincarné là ou d'autre
y voit Pierre Bachelet. Tendu et noir le groupe trouve avec
ocean of noise une nouvelle façon de s'explorer, car n'est
pas là la beauté du groupe, d'avant tout se comprendre avant
de vouloir s'imposer aux autres. Il en découle un titre magnifique,
dans lequel Win parle de la dualité de la vérité et du mensonge
de façon touchante. Mais ne pensez pas que les concerts du
groupe vont se transformer en vaste champ de morgue. On y
retrouve toujours ces hymnes rythmés sur les dents (the weel
and the lighthouse / le déjà connu no cars go) ou un titre
comme sorti de chez Springsteen, le très bavard antichrist
television blues qui pourrait voler la vedette aux hymnes
nombreuses du groupe. Le mot de la fin sera pour le groupe
sur l'ascétique et religieux my body is a cage, set my spirit
free. Arcade fire a changé, mais la mimi Régine, Richard,
Win Tim et les autres le font pour eux avec une sincérité
qui ne réclame par pour autant la dévotion qui aurait pu les
tuer. Un chemin de croix ? Non une nouvelle bible.
Gerald
de oliveira
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