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On les avait laissé
il y à trois ans sur "The Roots Come Alive" l'album qui nous
rappelait juste qu'ils étaient bel et bien le meilleur groupe
de hip hop du monde en live. Et il s'en serait fallu de peu
pour que The Roots accèdent également au rang de meilleur
groupe de hip hop tout court. Emmenée par l'homme aux textes
les plus intelligents de la côte Est, Black Thoughts, l'homme
Beatbox le plus fascinant ayant jamais existé, Razhel et de
vrais musiciens à l'image du batteur/producteur charismatique
Questlove, la formation de Brooklyn avait tout pour réussir.
Seulement voilà, il se passe bien des choses en trois ans
et le groupe à eu le temps de découvrir l'électronique, les
titres cyber ("Seed 2.0" "Thought@Work"), les studios ultra
modernes bien loin des clubs et des minables gymnases du début,
et un goût poussé -peut être un signe de paresse- pour les
featurings avec tout le monde (le talentueux Talib Kweli,
Jill Scott et sa voix aérienne) et n'importe qui (Nelly Furtado,
le soulman Cody Chestnutt). Phrenology n'est pourtant pas
catastrophique, loin de là. On y retrouve la principale marque
de fabrique du groupe, qui justifie à elle seule de classer
The Roots dans le rang des meilleurs : l'inventivité. En effet,
quel groupe de hip-hop oserait balancer une chanson punk "!!!!"
en guise de 3ème morceau, quel groupe oserait un morceau de
10 minutes sur la descente aux enfers d'un junkie, en consacrant
justement les 5 dernières minutes à une fin de trip inaudible.
Aucun autre que le groupe ayant réellement compris le rapport
intime entre les textes et la musique, signe d'une réelle
évolution face à nombres de figures du hip-hop. Mais tout
en ne cessant d'évoluer l'impression générale reste que le
groupe à oublié quelque chose en chemin par rapport à un album
comme "Things Fall Apart". Peut-être un peu de ses raciness.
Onze
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