| |
Si l'on considère
la qualité des premiers travaux de Pinback, on comprend mieux
l'enthousiasme qui accompagne l'inscription d'un nouvel album
du duo de San Diego à l'agenda des sorties. En effet, il ne
faudrait pas perdre de vue que Pinback est responsable d'un
disque majeur de l'indie rock (le sobrement intitulé This
is a pinback cd) et que le duo a écrit la plus belle complainte
entendue depuis des lustres (Fade into you de Mazzy star en
l'occurrence, même si le registre est différent) avec Grey
machine paru sur le maxi Offcell en 2003. De la même manière
que Hood et The sea and cake, Pinback peut en outre se vanter
d'avoir enfanté et affermi un style singulier et parfaitement
reconnaissable au blind-test. Mais là où Chris Adams (Hood)
renouvelle ses compositions par l'adjonction voire la fusion
des genres, la paire de San diego s'en tient à sa formule,
refusant l'innovation radicale et préférant explorer le potentiel
de chaque sonorité jusqu'à la lie. Seul hic : il ressort logiquement
de l'écoute de ce quatrième effort un désagréable sentiment
de déjà entendu, constat qui ne fait que confirmer la semi
déception suscitée par Summer in abaddon, prédécesseur timide
qui marquait déjà les limites du genre. Pourtant, Autumn of
the seraphs démarre sur les chapeaux de roues avec l'excellent
From nothing to nowhere, ouverture très enlevée, toutes guitares
dehors. La suite de l'histoire n'est que reprise de la recette
qui a jadis fait ses preuves : rythmiques répétitives, basse
binaire et (trop) imposante, entremêlements des voix, lignes
de guitares fuyantes... La mayonnaise prend rarement, on se
souviendra quand même de Walters où les claquements de basse
épaulent les grondements de la six cordes pour dynamiser le
final. Le reste est au mieux inodore (Good to sea, Devil you
know) au pire simplement mauvais (Off by 50), Rob Crow et
Zach Hill ayant tendance à oublier qu'ils sont en train d'enregistrer
un album, pas une compilation de faces B. La seule lueur qui
vient éclairer ce tableau critique provient des ritournelles
de claviers, malheureusement moins présentes qu'à l'accoutumée
mais superbement maîtrisées (Bouquet) et qui offrent des détours
mélodiques tutoyant les sommets de l'inaugural This is a pinback
CD (Montaigne). Une maigre consolation qui ne parvient pas
à éclipser la platitude ambiante. On est en droit d'attendre
mieux de Pinback..
Jim
|
|