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LSD Pond, colosse qui se présente sous forme d'un double CD, est le fruit de la collaboration entre deux activistes de la scène psychédélique actuelle : Bardo Pond et Lsd March. La première formation, originaire de Philadelphie et habituée aux escapades de ce type (on rappellera pour mémoire l'excellent 4/23/O3 avec Tom Carter de Charalambides), peut se targuer de s’être extirpée avec brio de la vague post-rock des 9O's et d’être le principal émissaire d'une génération space-rock qui brasse les tendances psychédéliques, expérimentales et ambient. Les autres signataires de ce joyeux bordel sont un combo japonais assez confidentiel, issu de la vague néo psychédélique nippone initiée par Acid Mothers Temple et consorts. Avec l’improvisation comme toile de fond, l’insouciance et l’ingestion de drogues hallucinogènes semblent être les fils conducteurs qui ont présidées l’élaboration de ces plages sonores qui s’égrènent sur plusieurs minutes (le quart d’heure est ici la norme). Pour autant, l’absence de règles n’est pas synonyme de branlette intellectuelle, même si cet exercice de style vire parfois au dialogue de sourds. Hormis cette dérive et malgré un air de n’importe quoi permanent qui souffle surtout sur la deuxième partie de cette collaboration (Yoru Kara Yorue), l’ensemble tient la route et ce en partie grâce au style Bardo Pond qui amplifie les fulgurances électriques que comptent LSD Pond (Hikari Naki Sekai, We are LSD Pond sur le deuxième disque) tout en captivant l’attention de l’auditeur lors de phases expérimentales particulièrement intenses, phénomène assez rare pour être signalé (Sugatanaki Kyofu). Au final, ce projet certes peu commun ne reste pas pour autant dénué d’intérêt. Pire, il pourrait ravir les amateurs de rock psychédélique. Ecouter un album de Sonic Youth après ça vous paraîtra terriblement banal. .
Jim
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