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En cinéma, les
superproductions sont toujours des oeuvres délicates à analyser.
Dans le meilleur des cas l'efficacité des gros moyens nous
distrait un minimum, ce qui nous permet de mater pas mal de
blockbusters avec un petit sourire amusé. Dans le pire des
cas on sent trop l'énorme quantité de travail mise en oeuvre
derrière pour essayer de nous accrocher, et la superproduction
perd le peu de saveur qu'elle avait déjà, on est vite saoulé.
UNKLE est une superproduction. James Lavelle, un boulot de
peplum, un casting de rêve : Thom Yorke, Richard Ashcroft
au sommet de sa forme , Badly Drawn Boy en plein devenir,
Mike D, LE Mike D des Beastie Boys, Alice Temple, Jason Newstead,
Atlantique, Portishead pour les remixs ainsi que la crème
de l'electro nippone et bien d'autres, ça sent le projet je-te-fais-un-menu-best-of-des-artistes-du-moment.
Seulement voila, James Lavelle qui à oublié d'être incompétent
en matière de production fait appel -excusez du peu- au maître
Dj Shadow pour construire une base solide derrière tout ça.
Et ça fonctionne. UNKLE n'est pas un simple projet. Lorsque
la Dream Team de l'industrie musicale sort son disque dans
une unité aussi parfaite, ça donne non seulement l'album d'une
fin de siècle, mais aussi du suivant. Tellement moderne qu'il
en devient intemporel, tellement classique qu'il en devient
omniprésent, le Projet UNKLE, recueil à lui seul d'au moins
5 des meilleurs morceaux de l'année 98 tous styles confondus
(Rabbit In Your Headlights, Lonely Soul, Nursery Rhythm, Guns
Blazing et Unreal) n'est pas simplement un mélange, un exercice
de style, c'est un album, un vrai, avec plus de consistance
et d'identité que la plupart des albums de ses contemporains,
et une atmosphère qui lui est propre, chose impensable pour
un disque de ce genre. Le jour où une superproduction pourra
prétendre arriver à être à la fois une oeuvre d'auteur et
un condensé de ce qui se fait de mieux dans le métier, nous
appellerons sûrement ça un chef d'œuvre.
Onze
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