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L'année avait
plutôt moyennement commencé pour Davenport, avec la sortie
du quelconque " Bucolic Pigtics " sorte d'essai électronique
un poil raté. Peut être que cela a agacé Clay Ruby, qui du
coup a sorti énormément de choses. Dans la série Davenport
Family, le " Boxset " (regroupant 5 cds), " Field Tales "
un peu sur le même principe communautaire, de rassembler tout
sous un même totem. Et sous Davenport, voilà que pointe "
Rabbits Foot Propeller " chez Three Lobed (à ma connaissance
le premier vrai CD du groupe) et " The Hands of Worm Heaven
" chez Time Lag, un grand label. Evidemment ces deux disques
sont à posséder absolument, d'autant plus que vous n'aurez
pas l'excuse du nombre limité, enfin surtout pour " Rabbits
Foot Propeller ". Deux grands disques, longs, contraignants,
fatiguant, mais beaux et mystiques. Construit autour de field
recordings, d'incantations, d'une multitude d'instruments,
de rythmes, Davenport est généreux. Il y a cependant une nette
démarcation entre les deux disques, " Rabbits Foot Propeller
" est beaucoup plus long et plus découpé, et surtout beaucoup
plus abstrait. Le disque est basé sur les voix, quelques grésillements
et autres drones et demandent plus de temps d'assimilation.
Si vous souhaitez choisir la facilité, choisissez plutôt "
The Hands of Worm Heaven " sur lequel figurent de magnifiques
morceaux comme les fabuleux " The Spells we know ", et " Response
from worm Heaven ", de vrais frères siamois, indissociables,
qui tirent leur force de l'onirisme musical joué par leurs
géniteurs. " Rabbits Foot Propeller " ressemble lui à un disque
de Kemialliset Ystavat, angoissant, demandant de la patience
pour l'appréhender, et découvrir les détails. Car ce disque
se joue sur du détail : la voix, l'utilisation systématique
du field recordings et donc de l'arbitraire et une instrumentation
limitée à quelques guitares ou flûtes sans fausses notes.
Davenport est réellement un groupe important, multipliant
les beautés célestes. N'oubliez pas que " Springtime on Saturnalia
" est l'œuvre de leur génie. En vous remerciant.
Vincent
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