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La
salle n'est malheureusement pas très remplie ce soir (à peu
près 3 fois moins de monde que pour la venue de Dionysos).
On dira que c'est le triste destin des groupes cultes, souvent
incompris par leurs contemporains.

Le
groupe se présente avec une formation à 5 : Aidan Moffat au
chant, Malcom Middleton à la guitare, épaulés par un guitariste/claviers,
un bassiste et un batteur. Ca commence avec une série de titres
du superbe dernier album, le tout avec un gros son, avec un
petit coté noisy tout en rendant pleinement justice à la subtilité
des morceaux. Aidan Moffat est très à l'aise sur scène, il
descend pas mal de bières. Il chante les yeux fermés, agrippé
à son micro. Il est sans conteste le "frontman" du groupe
(je n'ai pas dit leader). Inversement, Malcom Middleton est
très très discret, un peu dans sa bulle. Mais on sent qu'il
soutient quasiment à lui tout seul les chansons du groupe
avec sa guitare. Quel plaisir de le voir égrener ces arpèges
qui tissent les mélodies des plus belles chansons du dernier
"The Last Romance", comme "Confession of a big brother" ou
"There is no ending" par exemple. Mais il utilise également
quelques pédales d'effets dans les passages noisy. Le groupe
peut se permettre de se balader dans ses 6 albums studio,
et juxtapose quelques anciens titres avec des morceaux du
dernier album. Arab Strap sonne comme un vrai groupe de rock,
et sur le final de certains morceaux n'a pas grand-chose à
envier à leurs amis Mogwai au niveau sonique. Mais la finesse
et la mélancolie des chansons sont toujours là. Même si le
groupe nous livre des morceaux très proches des versions studio,
j'ai énormément apprécié de sentir ces chansons prendre vie
devant nous (c'est pas souvent qu'on peut voir un de ses groupes
préférés en concert).

Pour
le début du rappel, seuls Aidan Moffat et Malcom Middleton
reviennent. Ils joueront deux titres en version acoustique.
Même si l'idée est bonne, cette configuration m'aura moins
emballée. Et ce rappel se termine avec les autres membres
du groupe, pour deux autres titres, dont une bonne surprise.
En effet, Arab Strap se paye le luxe de reprendre un morceau
de Bonnie Tyler, le grassouillet tube "Hard Day (It's a HeartAche)".
Ils en livrent une version assez fidèle mais avec une désinvolture
tout à fait sympathique. Un groupe important à voir absolument,
malheureusement très peu de dates programmées en France.
Julien
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