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Festival sympathique
s'il en est, et qui plus est gratuit, le Verdur Rock organise
chaque année un concours de jeunes talents qui vaut aux vainqueurs
l'honneur d'ouvrir le festival de l'année suivante. Et cette
année, bonne surprise puisque c'est la chanson française du
duo pop electro-minimaliste Baum (soit Rodolphe Coster, ex-Flexa
Lyndo, au chant et Laurent Grauwels à la guitare et aux bidouillages
électro) qui a remporté le morceau. Signalons pour la bonne
bouche, l'interview hallucinante (comme d'hab') de Rodolphe
qui a réussi à placer Bernard Lavilliers et Ludwig von 88
en guise de remerciements. Du très grand art !

Le festival proprement
dit a débuté avec les Arlonais de Moon Invaders, qui ont envahi
la scène sur le coup de 17 h 15, leur ska jamaïcain sous le
coude et leur bonne humeur en guise d'alibi. Sympathique mais
loin des confessions de l'essentielle altitude, la musique
du combo déroule sous ses marinades gargantuesques la pseudo-gentillesse
d'un propos policé, alors que nous l'aurions préféré polisson.
Au septième morceau (où était-ce le sixième, ou le huitième
?), l'attention décroche et on se dit qu'ils ont sans doute
du faire bonne figure à Couleur Café. Avec le grand déglingué
qui danse presque aussi mal que moi, cela va sans dire.

Deuxième étape
d'un parcours en dents de scie, les vétérans new-yorkais de
Girls Against Boys ont balancé une sacrée claque à un public
resté étrangement amorphe et endormi. La positive attitude
sans doute, faut arrêter d'écouter Pleymo et Kyo les gars.
Dans un style qui rappelle un Mark E. Smith presque sobre
qui jonglerait avec Thurston Moore, le quatuor a balancé sa
basse lourde et ses mélodies noirâtres à la gueule des jeunes
pseudo-rebelles venus fêter la fin des exams, ils m'ont donné
une envie soudaine de balancer des gnons dans la tronche et,
éventuellement, d'assassiner ma belle-mère. Un seul mot, respect,
la vingtaine de kids qui pogotaient comme des sauvages, coups
de coude dans la gueule et déboîtements d'épaule inclus, savent
de quoi je parle.
Passons sur la
pénible human beatbox des Autrichiens de Bauchklang, insupportable
au-delà de deux morceaux et sur les toujours aussi sages Girls
In Hawaii (à quand une mise en danger et un supplément d'âme,
merci pour nous) pour arriver aux délires electro-pop dansants
des délurées Berlinoises de Chicks on Speed. Si d'autres dans
le genre ocupent le créneau avec plus (Lesbians on Ecstasy)
ou moins (Peaches) de réussite, le trio a au moins une qualité,
balancer des rythmes prometteurs de déhanchements grossiers,
tout n'est pas de la première finesse et le public s'est bien
marré. N'est-ce pas l'essentiel ?

Du côté de la tente
Carte Postale Records, de (très) belles choses, mais comment
aurions-nous pu en douter ? D'abord une découverte fondamentale,
Humbert Utz (aka Jonathan Burnay), soit dix des plus intenses
minutes de ma vie de festivalier, une déferlante de sons cristallins
venue nous envelopper dans une verve sublim(inal)e et contagieuse.
Et dire que le gaillard avait oublié son disque dur… Et que
dire de Bidibop, le gaillard est maousse costaud quand il
s'agit de développer des atmosphères cinématographiques d'une
spatialité urgente, et quand il ose reprendre du Nirvana,
c'est tout un univers d'horizons multiples qui s'ouvrent,
et nous nous y sommes engouffrés avec une délectation même
pas dissimulée. Du grand art, vraiment.
Fab
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