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Voir Animal Collective
en concert est l'accomplissement du travail de fan. Alors
en plus quand c'est gratuit…Car c'est avant tout un groupe
de performance, donnant à toute l'énergie contenu sur leur
disque, une liberté bien méritée. Une salle en forme d'hangar,
en béton, par forcément le plus approprié pour écouter et
faire de la musique. L'avantage est que l'on a de la place
et que l'on ne transpire pas comme un des carottes cuites
à la vapeur. Une bonne mise en condition. Le plus surprenant
lors de mon arrivée est le nombre de personnes important qui
attendent que la salle ouvre ses portes. Initiés ou convertis
? Difficile à dire, mais cela montre en tout cas la notoriété
naissante des new yorkais. Nous devions avoir deux premières
parties, Duracell et Brutal Vainqueur, finalement nous n'aurons
eu que ces derniers. Et je dois dire que j'ai été plutôt convaincu
par leurs longues pièces folk torturées, à deux sur scène,
passant en boucle leur cris, les basses, les guitares, pour
faire évoluer leur morceau, en une riche pièce montée. Je
n'ai vu que deux morceaux, pour environ une demi heure de
musique, qui m'ont totalement emballé. Un rapprochement vers
la scène, et voilà Panda Bear qui commence à installer son
matériel.

Vingt minutes plus
tard, Avey Tare, Geologist et Deakin le rejoignent et commencent
le concert par un inédit. Car si l'on va à un concert d'Animal
Collective c'est aussi pour avoir un aperçu de l'évolution
du groupe, car " Feels " par exemple est joué sur scène depuis
plus d'un an, et à n'en pas douter le nouvel album est quasiment
déjà bouclé. En tout cas ce morceau d'ouverture est dans la
même veine que les morceaux de " Feels ", et ce sera le seul.
On s'aperçoit aussi dès le départ que le son ne sera pas à
la hauteur, que le light show est vraiment sommaire (on s'en
fout hein), soit deux spots posés sur les amplis. Mais on
sent surtout que ça va être fantastique. La preuve sur le
second morceau Deakin casse une corde. Certes il n'est pas
content, mais ni une ni deux, il prend le micro et essaye
comme il peut d'imiter les sons de sa guitare à la voix. Et
ça a fonctionné. Car là où Animal Collective donne toute sa
puissance sur scène, c'est lorsqu'ils prennent tous leur micro,
délaissent la partie instrumentale aux machines de Geologist,
pour nous scotcher sur place. La preuve avec les monumentales
" We tigers " et " Winters Love " absolument géniaux, où Avey
tare gueule TIGERS TIGERS !!! Un grand moment tribal.

Pas mal de morceaux
de Feels seront aussi joués, comme " Grass ", " Turn into
something ", " Purple Bottle " ou " Banshee Beat ", et malgré
un son plus que moyen, l'énergie et la folie données à ces
morceaux les sauveront d'une noyade sonore. Chaque morceau
s'enchaînant avec l'autre, ne nous laissant aucun répit, aura
accentué l'impact du concert, le rendant encore plus exceptionnel
de folie, et d'intensité. On finira avec en tête ce " Kids
on Holiday " revue en version plus planante, avec le duo Panda
Bear/Avey Tare, le noyau dur, se donnant à cœur joie. Un Panda
Bear fondamental, homme à tout faire, batteur, chanteur, créateur
d'ambiance, un homme précieux. Un concert merveilleux, énorme,
fantastique, intense, à l'image du groupe.

Entre une heure
et demie et deux heures de concert, un groupe qui a l'air
heureux sur scène et d'être là. Un bon moment. Ceux qui connaissaient
le groupe ont été ravis, ceux qui les découvraient ont du
être surpris. Pour ma part j'étais déjà absolument fou de
leur musique, après ce concert je me dis qu'ils sont en train
de faire quelque chose de grand. YIPEE…
Vincent.
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