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Pour
info, le Trioletto est une petite salle majoritairement remplie
de places assises, gérée par le Crous de Montpellier, d'où
une forte présence estudiantine ce soir. L'arrivée sur scène
du duo se fait tout en discrétion, avec un petit bonjour discret.
Mansfield Tya est
constitué de Julia (guitare, chant, piano) et de Carla (violon,
piano, harmonium indien, guitare, chant). Les filles attaquent
en configuration piano + guitare dans un registre très dépouillé.
Julia, voix fragile, sur le fil, pieds nus chante en anglais
pour débuter ce concert, dans une direction plutôt folk. Elles
passeront ensuite en configuration violon + guitare pour un
superbe morceau tout en tension, la guitare et le violon prenant
de l'ampleur pour un final noisy.

Durant
la suite du concert, les filles de Mansfield oscilleront entre
ces deux facettes. On aura droit au titre "Mon amoureuse"
qui figurait sur la compil des Inrocks "Rentrée 2005", la
version live m'a d'ailleurs plus séduit que la version studio.
On sent que ces deux-là sont unies par une forte complicité,
elles restent toujours très proches l'une de l'autre durant
ce concert. Viendra ensuite un autre titre qui penche du coté
noisy, avec l'utilisation d'un instrument singulier, l'harmonium
indien, manipulé par Carla, alors que Julia se démène sur
sa guitare (elle réussira à casser une corde). Un gros break
aura trompé toute la salle un peu trop prompte à applaudir.
Le jeu tendu de guitare me fait penser aux morceaux de l'album
Remué de Dominique A. Mon collègue Pascal trouve lui que le
violon lorgne du coté de John Cale et du Velvet. Julia se
mettra également au piano pour un titre chanté en français,
avec un texte grinçant qui met en scène une femme qui aurait
sauvagement tué son mari (à coup de fourchettes dans le dos),

alors
que Carla est au violon. Le duo est longuement applaudi, et
elles reviendront deux fois en rappel. Elles en profitent
pour reprendre un morceau de Luc Rambo (collaborateur de Françoiz
Breut), Carla jouant de la guitare acoustique. En conclusion,
un concert très agréable d'un groupe prometteur, à la personnalité
affirmée. A suivre (absolument). Ensuite c'est au tour de
David Walters, homme orchestre (il est tout seul sur scène),
dans un registre tantôt folk-funky aux influences caribéennes,
tantôt hip-hop bricolo. Le jeune homme nous fera une jolie
démonstration de pédales sampler, pour faire la human beat-box,
ou pour se constituer des chœurs. Il joue aussi des percussions
et d'une sorte de xylophone frotté avec les doigts. Ce David
réussira à regrouper devant la scène une dizaine de personnes
qui avaient envie de bouger leur corps, alors que tout le
monde était tranquillement installé dans les sièges confortables
du Trioletto. Pour finir son set, il ira jusqu'à sampler les
cris de la salle et à les incorporer dans son morceau.

A
la fin du concert, je m'approche des filles de Mansfield,
pour discuter un peu et en savoir plus sur elles (ah le prestige
incomparable de dire que l'on fait partie de l'équipe d'ADA).
ADA était en effet un des premiers (grands) médias à avoir
parlé du duo (merci Gérald), et elles sont donc toutes disposées
à discuter avec moi. Carla, originaire de Nantes, et Julia,
originaire elle de Saint-Nazaire, joue ensemble depuis un
peu plus de deux ans. Julia est passé par diverses formations
au son plutôt lourd, alors que Carla est passé par le conservatoire
où elle a appris le violon. Julia s'investit en parallèle
dans un projet électro, et Carla joue également du violon
dans une formation classique. Elles se consacrent toutes les
deux entièrement à la musique. C'est Tony le guitariste de
Chevreuil qui les a aidé pour enregistrer une de leurs premières
démos. Dans les sorties récentes, Carla a surtout retenu celui
de Half Asleep. Depuis qu'elles travaillent avec un tourneur,
les concerts s'enchaînent. Elles ont ainsi pu jouer en première
partie de Françoiz Breut, de Cat Power ou de Camille (entre
autres). Le nom de Mansfield vient de June Mansfield (1902-19??),
muse de l'écrivain avant-gardiste Henry Miller. Elles ont
choisi d'accoler Tya au nom Mansfield pour que ça sonne mieux,
et aussi parce que Kyo était déjà pris ! Un grand merci Julia
et Carla pour leur disponibilité et leur gentillesse .
Julien
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