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Mansfield Tya - Montpellier Trioletto (27/01/06)  
 

Pour info, le Trioletto est une petite salle majoritairement remplie de places assises, gérée par le Crous de Montpellier, d'où une forte présence estudiantine ce soir. L'arrivée sur scène du duo se fait tout en discrétion, avec un petit bonjour discret. Mansfield Tya est constitué de Julia (guitare, chant, piano) et de Carla (violon, piano, harmonium indien, guitare, chant). Les filles attaquent en configuration piano + guitare dans un registre très dépouillé. Julia, voix fragile, sur le fil, pieds nus chante en anglais pour débuter ce concert, dans une direction plutôt folk. Elles passeront ensuite en configuration violon + guitare pour un superbe morceau tout en tension, la guitare et le violon prenant de l'ampleur pour un final noisy.

Durant la suite du concert, les filles de Mansfield oscilleront entre ces deux facettes. On aura droit au titre "Mon amoureuse" qui figurait sur la compil des Inrocks "Rentrée 2005", la version live m'a d'ailleurs plus séduit que la version studio. On sent que ces deux-là sont unies par une forte complicité, elles restent toujours très proches l'une de l'autre durant ce concert. Viendra ensuite un autre titre qui penche du coté noisy, avec l'utilisation d'un instrument singulier, l'harmonium indien, manipulé par Carla, alors que Julia se démène sur sa guitare (elle réussira à casser une corde). Un gros break aura trompé toute la salle un peu trop prompte à applaudir. Le jeu tendu de guitare me fait penser aux morceaux de l'album Remué de Dominique A. Mon collègue Pascal trouve lui que le violon lorgne du coté de John Cale et du Velvet. Julia se mettra également au piano pour un titre chanté en français, avec un texte grinçant qui met en scène une femme qui aurait sauvagement tué son mari (à coup de fourchettes dans le dos),

alors que Carla est au violon. Le duo est longuement applaudi, et elles reviendront deux fois en rappel. Elles en profitent pour reprendre un morceau de Luc Rambo (collaborateur de Françoiz Breut), Carla jouant de la guitare acoustique. En conclusion, un concert très agréable d'un groupe prometteur, à la personnalité affirmée. A suivre (absolument). Ensuite c'est au tour de David Walters, homme orchestre (il est tout seul sur scène), dans un registre tantôt folk-funky aux influences caribéennes, tantôt hip-hop bricolo. Le jeune homme nous fera une jolie démonstration de pédales sampler, pour faire la human beat-box, ou pour se constituer des chœurs. Il joue aussi des percussions et d'une sorte de xylophone frotté avec les doigts. Ce David réussira à regrouper devant la scène une dizaine de personnes qui avaient envie de bouger leur corps, alors que tout le monde était tranquillement installé dans les sièges confortables du Trioletto. Pour finir son set, il ira jusqu'à sampler les cris de la salle et à les incorporer dans son morceau.

A la fin du concert, je m'approche des filles de Mansfield, pour discuter un peu et en savoir plus sur elles (ah le prestige incomparable de dire que l'on fait partie de l'équipe d'ADA). ADA était en effet un des premiers (grands) médias à avoir parlé du duo (merci Gérald), et elles sont donc toutes disposées à discuter avec moi. Carla, originaire de Nantes, et Julia, originaire elle de Saint-Nazaire, joue ensemble depuis un peu plus de deux ans. Julia est passé par diverses formations au son plutôt lourd, alors que Carla est passé par le conservatoire où elle a appris le violon. Julia s'investit en parallèle dans un projet électro, et Carla joue également du violon dans une formation classique. Elles se consacrent toutes les deux entièrement à la musique. C'est Tony le guitariste de Chevreuil qui les a aidé pour enregistrer une de leurs premières démos. Dans les sorties récentes, Carla a surtout retenu celui de Half Asleep. Depuis qu'elles travaillent avec un tourneur, les concerts s'enchaînent. Elles ont ainsi pu jouer en première partie de Françoiz Breut, de Cat Power ou de Camille (entre autres). Le nom de Mansfield vient de June Mansfield (1902-19??), muse de l'écrivain avant-gardiste Henry Miller. Elles ont choisi d'accoler Tya au nom Mansfield pour que ça sonne mieux, et aussi parce que Kyo était déjà pris ! Un grand merci Julia et Carla pour leur disponibilité et leur gentillesse .

Julien

 

 

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