| |
A la question
tarte à la crème : "Si vous étiez un animal ?" du portrait
chinois, Thomas Dybdahl répondrait sans aucun doute : " un
caméléon ". Un chat ou un mouton, ça marchait aussi. Le Norvégien
s'y entend en effet pour soigner les mélodies félines, caressantes
et mutines ou pour tramer des ambiances laineuses, chaudes
et accueillantes. Mais seule la référence au caméléon permet
de pointer le caractère protéiforme de l'écriture du musicien
échevelé. Sur Science, magistrale démonstration d'irrévérence
formelle, Thomas Dybdahl s'emploie à tracer les lignes de
fuite d'un tableau composé de onze scènes à l'identité propre
mais intraséquement liées. Ce quatrième album s'ouvre ainsi
sur un exercice de country-jazz libre-penseur confondant de
finesse (" Something Real "), se poursuit avec " How It Feels
" qui conserve l'esprit du titre d'ouverture mais convoque
quelques traits de cordes duveteuses établissant la jonction
avec la piste trois sur laquelle le Norvégien " croone " gentiment
et semble moduler sa voix à l'envie (" Still My Body Aches
"). Les huit morceaux qui suivent, alternent pop haute-couture
(" Dice ", sommet de cet album, magnifié par le velouté du
timbre de Silje Salomonsen, " Be A Part "), soul laid-back
(" U "), ou exercice de folk émancipé, de très haute volée
(" This Year ", " Outro "). Une toile de maître donc, rendue
cohérente par l'organe poupées-russes du Norvégien magicien.
Avec Science, Dybdahl enseigne les lois de l'attraction.
Benjamin
|
|