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Spontané (enregistré en quelques jours à Tornillo, Texas), stroboscopique (le savoureux assaisonnement psych-kraut), indubitablement taillé pour la scène (point fort du groupe), le nouvel opus des prolifiques Osees (29 albums au compteur, sous divers patronymes), toutes guitares électriques en avant, s’avère nettement plus frontal que Sorcs 80, son groovy et chatoyant prédécesseur. En effet, oscillant entre garage, punk-rock et hardcore, le ramassé Abomination Revealed At Last (12 titres, 35 minutes, emballé c’est pesé) se fait l’écho d’un âge d’or contestataire (l’échevelé Sneaker mixe Ramones et Cramps, tandis qu’Infected Chrome évoque des Stooges sous champignons et que Glass Window singe – volontairement ? – les Sex Pistols), dont la rage intacte – en témoignent les textes corrosifs de John Dwyer – aurait traversé les époques : le monde s’effondre, il y a des méchants partout, ceux qui ne pensent pas comme moi doivent mourir, etc. Inutile de s’attarder sur cette tambouille idéologique mille fois entendue, elle ne fera qu’émoustiller les rebelles de pacotille, d’autant plus que le combo californien a bien mieux à dire que ces mots creux : l’on reste charmés par l’aisance avec laquelle les Osees détournent les registres, à l’instar de Fight Simulator – qui démarre comme un pur classique punk-rock avant de virer, delay à l’appui, psychédélique dub – ou du fabuleux Glues, sorte de krautpop noyée dans la fuzz et la réverbération, wall of sound digne d’un Phil Spector (les chœurs, géniaux) ascendant Spacemen 3 – sommet de l’album. Tout n’est pas à la hauteur (dispensables, les intermèdes Ashes 2 et Ashes) mais Abomination Revealed At Last – jusque dans sa volonté d’éparpiller les structures et concasser les genres – est étonnement cohérent. Bordel (très bien) organisé, on dira.




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