20 septembre 2025 / Le soleil se lève. Ça a l’air de prendre du temps, mais non, le soleil se lève chaque matin fort rapidement de toute évidence. De couleur magenta, ce soleil levant - le premier morceau de l’album - sonne comme un avertissement. Ce à quoi la voix de Brisa Roché excelle : l’oralité. La poésie qui se dégage de quelques bribes d’incantations sur 1. (« Magenta ») et 2. (« Dark Blue ») se poursuit sur 3. (« Cyan ») et semble ne jamais devoir cesser tout le long de cet album (le premier du groupe) très attendu. Entre Patti Smith, CocoRosie, en sorte de Fever Ray bienveillante, toute sortie qu’elle est de la cuisse droite de Sherilyn Fenn, Brisa Roché nous prépare à cet album comme si nous devions assister au dernier lever de soleil de l’humanité. « I’ll always be there, Tremble, Tremblement de terre ».
Bien sûr, les sons et les effets nous y invitent autant que le chant. Oui, bien sûr, que Nicolas Laureau, ses claviers et ses guitares y sont pour quelque chose à cette émotion qui nous parcourt ! À cet album de R/A/D qui sonne comme une cloche fantôme en plein désert : « Prenez garde, le temps est venu de nous mettre en route. Armez-vous de courage, la vie nous attend. Allons ! » Armée de poètes débraillés, R/A/D en tête, la jeunesse éternelle que cet album Outta Sight éveille en nous, nous rafraichit sans jamais nous tyranniser.
On veut rester et écouter jusqu’au bout - à perte de vue oserons-nous - Outta Sight. Palette de toutes les capacités de ce groupe encapuchonné de frusques colorées, Outta Sight jouit d’une production simple qui frôle la perfection : justesse des niveaux, la voix jamais loin, audible et néanmoins parfaitement brouillée, sons happés du dehors lançant de tous côtés leurs flèches empoisonnées de musique. Un grand moment d’amour-rainbow.