26 septembre 2025 / Pamplemousse tape très très fort malgré son nom de mignon petit agrume. Grunge à souhait, anglophone, le duo n’a rien de la fragile porcelaine qui a inspiré le titre de cet album. Né en 2016 leur indie-rock épouse la noise sur certains de ces neuf titres. En vrai on est subjugué. Feu Nirvana semble susurrer et les textes et les riffs à Pamplemousse. Vous allez entendre (on vous défie de n’écouter la The Big Speakers. qu’une fois !)
C’est du grand art et ce malgré toute la noirceur du monde. Pamplemousse réussit - grâce à Tant Rêver du Roi, label décidément exigeant - tirer ses épingles du grand patron sur lequel se cousent des noms tels Ministry, Primus, et on en passe pour profiter de l’écoute de Porcelain. Pamplemousse en estomaquera plus d’un. Pamplemousse a bien trouvé son nom (à moins que son nom ne l’ait trouvé ? À défaut de connaître l’histoire, nous l’inventerons) qui marie l’acidité sucrée de la surprise (la caisse claire qui tape fort, fort, fort) au rafraîchissement léger de la chair (ce romanesque qui suinte à travers les refrains).
Comme toutes ses consœurs de céramique, Porcelain représente pas moins qu’un bijou modelé par deux amateurs de très bon rock, surpuissant et néanmoins vulnérable. C’est le moindre de ses paradoxes : la sensibilité affleure et respire par son épiderme tout entier.